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Abstract :
[fr] Dans le cadre de cette première thèse de doctorat consacrée à quatre poètes-traducteurs, Paul Claudel (1868-1955), Valery Larbaud (1881-1957), Sergio Solmi (1899-1981) et Cesare Pavese (1908-1950), nous examinons leurs traductions versifiées de l’anglais. Notre recherche se situe au croisement de la traductologie, de la stylistique et de la littérature comparée. Les fondements théoriques et méthodologiques de notre approche interdisciplinaire sont exposés dans la première partie de la thèse. Les comparaisons sont menées à plusieurs niveaux : entre texte source et texte cible ; entre les traductions et la production autographe des traducteurs ; entre les traductions d’un même auteur réalisées par des traducteurs différents ; entre les traductions d’auteurs différents réalisées par un même traducteur ; enfin, entre les traductions d’auteurs différents réalisées par des traducteurs différents. Cette démarche permet de mettre en perspective des inclinations traductives parfois éloignées dans leurs présupposés esthétiques, mais proches dans le temps.
Notre recherche propose une traversée du champ poétique anglophone des XIXe et XXe siècles, avec une seule incursion dans le XVIe siècle, mais les traductions retenues s’échelonnent de 1900 à 1977. La deuxième partie, centrale, est consacrée aux quatre études de cas. Afin de rendre compte de la singularité de chaque pratique sans les enfermer dans des catégories fixes, nous avons associé à chacun des poètes-traducteurs une notion souple : l’animation chez Claudel, le tissage chez Larbaud, la migration chez Pavese et l’allusivité chez Solmi.
Dans la troisième et dernière partie, nous mettons en regard les quatre études de cas afin de dégager des constantes et des lignes de convergence. Cette comparaison s’organise autour de quatre dimensions formelles retenues au cours des analyses : le lexique, la rime et les phénomènes sonores, le vers et enfin la syntaxe. Les notions d’animation, de tissage, de migration et d’allusivité sont ainsi mises en relation, sans être assimilées mécaniquement, avec ces quatre aspects formels. L’étude comparative illustre que, malgré la diversité des poètes, des époques et des esthétiques concernés, la traduction versifiée est un espace d’expérimentation et de transformation formelle profondes.