Abstract :
[fr] L’apprentissage de la distinction des sexes, et des rapports sociaux associés, commence dès le plus jeune âge. De nombreuses recherches ont démontré que, dès l’âge scolaire, les enfants apprennent et intègrent les normes de genre. Mais, ce processus débute encore plus tôt, avant même l’entrée à l’école (Chick et al., 2002) via la socialisation des enfants, entre autres, au sein des structures d’accueil de la petite enfance.Cet apprentissage se fait souvent de manière implicite ou inconsciente, par le biais des interactions, des gestes, des tâches et soins quotidiens, entre les adultes et les enfants ou entre pairs, ainsi que par la culture matérielle des milieux d’accueil (Cresson, 2010).
Partant de ce constat, je propose d’explorer, sur base d’un terrain ethnographique, fondé sur une observation participante au sein de deux crèches dans le cadre d’une recherche plus vaste intitulée « La petite enfance au défi du genre en contexte interculturel » menée par une équipe de recherche interdisciplinaire en Fédération Wallonie-Bruxelles (Pirard & Razy, Éds., 2024), comment se manifeste le processus de transmission des normes et des rôles sociaux genrés aux enfants. La recherche susnommée a contribué à la construction d’un outil de formation dont sont issus les exemples ethnographiques qui seront mobilisés ici. L’un concerne la gestion des « petites maladies » (Collard et Razy, 2024) et l’autre est relatif aux pratiques de portage physiologique des enfants (Collard et Razy, 2024b).