Abstract :
[fr] Denis Cristol définit ainsi l’homo numericus , cet acteur des sociétés hyperconnectées qui « s’informe, joue et achète en ligne, fréquente des cybercafés, est victime de cyber-attaques, se fait voler son identité numérique, s’inscrit en masse sur des réseaux sociaux numériques, cherche un conjoint via internet, signe des pétitions en ligne, partage de la musique et des photos, travaille à distance mais aussi apprend et enseigne en ligne. ». L’homo numericus baigne donc dans un écosystème numérique capacitant ses actes au quotidien. Au-delà de ce qui a été décrit de ses habitudes numériques, il pratique aussi la musique en ligne, la VoD , réalise ses formalités administratives à distance, gère son patrimoine numérique (ses photos et vidéos, ses papiers, ses livres…), voire même vit son deuil en ligne et se déconnecte de manière volontaire , tout en gérant (ou pas) les traces qu’il laisse au fil de ses errances physiques et numériques. Il s’agit là, bien entendu, d’une vision optimiste et chaque acteur est différent face au pharmakon numérique, à la fois remède et poison, voire drogue. Nos sociétés hyperconnectées ne peuvent plus s’en passer, tant il rythme, outille, mesure, amplifie, égaye, connecte, mémorise le moindre instant de nos vies. Nous devons alors apprendre à vivre en symbiose avec et dans cet écosystème numérique, pour en annuler le poison, limiter la drogue et développer le remède. Cela commence manifestement par une éducation au numérique et par le numérique de qualité, dès les plus jeunes âges, dans une approche écologique respectueuse des divers stades de développement de l’individu.
Nous proposons d’esquisser ce qu’on pourrait nommer une culture numérique, après avoir détaillé les principaux bienfaits, problèmes et risques alimentant les nombreuses controverses autour du numérique. Puis nous conclurons sur l’utilité d’une École introduisant cette culture numérique, et au-delà des apports positifs, d’une École du risque numérique.