Abstract :
[fr] La présente communication se propose d’étudier les liens qui peuvent exister en Fédération Wallonie-Bruxelles entre le climat scolaire et le bien-être des élèves de l’enseignement primaire et secondaire. Ces deux concepts sont liés dans notre système éducatif de manière implicite, puisqu’ils sont tous deux au cœur de l’Objectif d’Amélioration du Système éducatif (OASE) 7 mis en place dans le cadre du Pacte pour un Enseignement d’Excellence : l’augmentation des indices de bien-être à l’école et de l’amélioration du climat scolaire.
La plupart des travaux actuels portant sur le bien-être subjectif s’accordent sur le fait qu’il comprend plusieurs composantes incluant à la fois des aspects affectifs et cognitifs, ainsi que positifs et négatifs (Diener et al., 2017). Le climat scolaire, quant à lui, peut être défini comme « les perceptions affectives et cognitives concernant les interactions sociales, les relations, la sécurité, les valeurs et les croyances des élèves, des enseignants, des gestionnaires et du personnel d'un établissement scolaire » (Rudasill et al., 2018, p. 46). De nombreux travaux pointent par ailleurs l’existence de liens entre ces deux concepts et l’idée que travailler sur le climat scolaire pourrait constituer un levier pour améliorer le bien-être des élèves (Aldridge et al, 2018 ; La Salle et al., 2021 ; Lester & Cross, 2015). Toutefois, ces liens entre bien-être et climat scolaire, de même que la manière dont ils pourraient s’influencer, ne sont pas encore établis dans notre contexte éducatif et demandent donc de plus amples travaux.
Pour répondre aux questions que soulèvent les liens entre bien-être et climat, la présente communication, qui s’inscrit dans un projet de recherche financé par le FNRS, se propose de répondre aux objectifs suivants :
Évaluer l’ampleur des variations entre établissements (effet-école) concernant le bien-être des élèves et leur perception du climat scolaire ;
Identifier les dimensions spécifiques du climat d’école directement associées à ces variations entre établissements, chez les élèves ;
Analyser dans quelle mesure le climat perçu par les élèves a des effets sur leur bien-être.
Pour ce faire, des analyses seront réalisées sur une base de données récoltée auprès d’un échantillon représentatif de plus de 4000 élèves (1712 élèves de 5e primaire et 2372 élèves de 2e et 5e années secondaires). Les données récoltées, en plus d’une série d’indicateurs socio-démographiques et de parcours, portent sur des variables indicatrices du bien-être subjectif des élèves (affects positifs, affects négatifs, somatisation, satisfaction) ainsi que du climat scolaire perçu (clarté et application des règles, violences perçues, équité de traitement, relations enseignants-élèves, relations entre élèves, pratiques pédagogiques, et environnement physique).
Les analyses combineront des approches multi-niveaux et des analyses factorielles confirmatoires à variables latentes (structural equation modeling) afin de répondre aux objectifs annoncés. Les modèles structuraux seront réalisés grâce au package lavaan sur le logiciel R (Rosseel, 2012).
Plus spécifiquement, la stratégie d’analyse peut être décrite comme suit :
Un modèle nul à deux niveaux permettra de décomposer la variance en variance inter-établissement et en variance intra-établissement et d’estimer la taille de l’effet-établissement sur le bien-être des élèves.
Les réponses des élèves seront agrégées par établissement pour chaque dimension du climat. Un modèle avec le redoublement, l’origine socio-culturelle le genre et l’âge comme variables de contrôle au niveau individuel (niveau 1 = élève), l’indice socio-économique et la taille de l’école comme indices de composition au niveau établissement (niveau 2 = établissement), et les dimensions du climat d’école comme prédicteurs au niveau établissement (niveau 2), permettra d’identifier quelles sont les dimensions directement associées aux variations inter-établissements du bien-être.
Des analyses multiniveaux combinant les indicateurs élèves et enseignants du climat d’école seront réalisées afin d’évaluer les contributions respectives de ces deux sources d’information au bien-être des élèves et des enseignants (collaboration entre la présente contribution au symposium et celle décrite ci-après).
Grâce à ces analyses, les liens entre climat scolaire et bien-être des élèves en Fédération Wallonie-Bruxelles pourront être établis, et les variables indicatrices du climat scolaire pourront être identifiées, ce qui ouvrira la voie à des stratégies de mesure fiable du climat scolaire et d’intervention pouvant améliorer le bien-être des élèves de notre système éducatif.