Abstract :
[fr] Conjuguée à la faible atteinte des recommandations internationales en matière d’activité physique, la progression de la sédentarité chez les jeunes représente un enjeu sanitaire et éducatif majeur (Guthold et al., 2020 ; OMS, 2024). En Fédération Wallonie-Bruxelles (FWB), les travaux menés depuis 2015 dans le cadre du Pacte pour un Enseignement d’Excellence ont mis en évidence la nécessité de développer des actions ciblées pour promouvoir l’activité physique, le bien-être et la santé en milieu scolaire. C’est dans cette perspective qu’a été institué, en 2017, le Consortium « Activités Physiques, Bien-Être et Santé » (CAPBES), rassemblant des représentants de chaque université et haute école impliquée dans la formation des enseignants en éducation physique. La Haute École de la Province de Liège (HEPL) et l’Université de Liège (ULiège) en font partie.
Mandaté par le Ministère de l’Enseignement de la FWB, ce consortium a pour mission d’identifier, de concevoir et de diffuser des outils et des dispositifs didactiques destinés à renforcer la promotion durable d’un mode de vie sain et actif. Il contribue également à l’implémentation du référentiel de compétences en éducation physique et à la santé, progressivement introduit depuis 2020-2021 dans l’enseignement obligatoire, et tend à influencer par ses travaux la formation initiale et continue des (futurs) enseignants.
S’appuyant sur une démarche d’ingénierie didactique collaborative (Goigoux, 2012 ; Sénéchal, 2016), le CAPBES mobilise à la fois des formateurs-chercheurs et des enseignants de terrain. Cette collaboration a conduit à l’identification de 111 pratiques dites « exemplatives », articulant le modèle des six piliers de l’activité physique en contexte scolaire (Snyers et al., 2014) et les 28 objets d’enseignement-apprentissage en éducation à la santé (Turcotte et al., 2011). Ces ressources sont recensées sur la plateforme éducative e-classe. Au-delà du développement de ce corpus, les travaux du consortium encouragent une évolution du rôle du professeur d’éducation physique et à la santé. Comme souligné dans le nouveau référentiel de compétences de la FWB, celui-ci ne se limite plus à la conduite d’un cours de qualité, mais s’étend à la coordination d’initiatives favorisant les déplacements actifs, l’aménagement de l’environnement scolaire, le développement d’activités extracurriculaires et la mise en place de collaborations interdisciplinaires (Ministère de l’Enseignement, 2022).
Parallèlement, la formation initiale des enseignants du tronc commun (3 à 15 ans) devant évoluer, des changements structurels profonds sont en cours. Depuis septembre 2023, de nouveaux cursus sont en effet progressivement déployés, introduisant une collaboration inédite entre universités et hautes écoles dans un dispositif jusque-là réservé à ces dernières. La réforme prévoit également l’allongement de la formation en haute école de trois à quatre années d’études, dont la première cohorte d’étudiants est actuellement engagée dans la troisième année.
Dans ce contexte de réformes structurelles de la formation des enseignants, les travaux du CAPBES apparaissent comme un levier central pour articuler politiques éducatives, recherche et pratiques de terrain. L’intégration progressive des ressources didactiques produites par ce consortium au sein des dispositifs de formation initiale, notamment dans la formation proposée par la HEPL et l’ULiège dans le cadre du nouveau « master en enseignement – section 3 en éducation physique et à la santé », contribue à assurer la diffusion de ces orientations, à accompagner les transformations curriculaires en cours et à soutenir la professionnalisation des futurs enseignants, appelés à jouer un rôle déterminant dans la promotion d’un mode de vie sain et actif en milieu scolaire.