Abstract :
[fr] À partir d’un corpus de huit romans – Le versant féroce de la joie (2014), Le coureur et son ombre (2017) et Mes coureurs imaginaires (2019) d’Olivier Haralambon, 54x13 (1996) de Jean-Bernard Pouy, Marco Pantani a débranché la prise (2015) de Jacques Josse, 21 virages de Fred Poulet (2025), Le grand horizon (2025) de Lola Nicolle et Disparaître (2022) de Lionel Leroy –, cet article se propose d’étudier les liens littéraires qui s’établissent entre deux thèmes a priori sans rapport entre eux : le sport cycliste et la mort. Il apparaît en effet que, dans ces romans qui mettent en scène différents types de cyclistes, professionnels ou amateurs, la mort se présente comme un horizon obsédant. Nous relevons deux principales configurations du thème : les morts factuelles dans la diégèse (accident, dopage, épuisement) et les morts métaphoriques dans le texte (fin de la course, fin de la carrière, défaite, épuisement). En contrepoint de celles-ci, d’autres métaphores se basent sur ce que l’on pourrait appeler les envers de la mort (métaphores de la vie, de la naissance, de l’éternité, de la résurrection). À la suite de cette description structurale et rhétorique, des conclusions s’attachent à réfléchir à cette obsession thématique étonnante en défendant une hypothèse audacieuse et discutable : le cycliste serait plus existentiellement humain que le marcheur, d’une part, et que l’automobiliste, d’autre part.