Abstract :
[fr] Dans son ouvrage intitulé Seuils et publié aux Éditions du Seuil en 1987, Gérard Genette soutient que l’œuvre littéraire est entourée de paratextes (nom d’auteur, titre, préface, illustrations, …) destinés à la « rendre présente » et qui sont autant de seuils qui « offre[nt] à tout un chacun la possibilité d’entrer, ou de rebrousser chemin » (pp. 7-8). Des chercheurs de l’Université de Vigo ont observé que si l’« on peut sans doute avancer qu’il n’existe pas, et qu’il n’a jamais existé, de texte, sans paratexte » (Genette, 1987, pp. 9-10), alors, « il faut affirmer aussi qu’il ne peut jamais exister de traduction sans paratraduction » (Yuste Frías, 2022, p. 505). La « paratraduction » est la discipline qui « invite à réfléchir (…) sur ce qui se passe dans tout lieu, espace et temps paratextuels de la traduction, à la marge et en marge du processus traductif, c’est-à-dire aux seuils du traduire » (p. 509). Les traductions anglaises de Georges Simenon constituent un terrain de recherche diachronique propice à l’étude des « seuils » et, par extension, à l’(in)visibilisation des traducteurs et de la traduction.