Abstract :
[fr] L’adénomyose est une pathologie utérine fréquente, associée à des douleurs pelviennes, des ménorragies et une altération de la fertilité, alors qu’aucune thérapie médicale ciblée n’est actuellement approuvée et que l’hystérectomie demeure le seul traitement définitif, incompatible avec le désir de grossesse. La compréhension de sa physiopathologie reste entravée par la coexistence fréquente de comorbidités, notamment l’endométriose, qui rendent difficile l’identification des mécanismes propres à l’adénomyose. L’utilisation d’un modèle murin induit par le tamoxifène, dépourvu de pathologies gynécologiques associées, permet d’explorer de manière intégrée et isolée l’impact de l’adénomyose sur la fertilité, le microenvironnement immunitaire utérin et la signalisation sphingosine-1-phosphate (S1P).
Les résultats de ce travail suggèrent qu’une adénomyose diffuse est suffisante pour perturber la folliculogenèse, modifier les cycles oestraux et altérer précocement des marqueurs clés de la réceptivité endométriale, avant l’installation d’une résistance à la progestérone, conduisant à une diminution marquée du potentiel reproducteur. Parallèlement, le microenvironnement immunitaire utérin apparait profondément remanié dès les stades précoces, avec une reprogrammation des macrophages, une redistribution des sous-populations de lymphocytes T et une surexpression persistante de l’IL6, reflétant un état inflammation chronique et une rupture de l’homéostasie tissulaire. Enfin, la voie S1P montre une dérégulation dynamique étroitement liée à la progression de la maladie. Son inhibition pharmacologique par SKI-5C ou FTY720 réduit la sévérité et l’invasion des lésions de manière dépendante du stade et du moment d’intervention, sans normalisation globale de l’infiltrat immunitaire mais avec une modulation significative des voies cytokiniques et invasives, notamment via la réduction d’uPA.
En intégrant ces trois volets, cette thèse propose de considérer l’adénomyose non plus uniquement comme une anomalie structurelle, mais comme une affection centrée sur la zone jonctionnelle et le microenvironnement utérin, où interagissent dérégulation immunitaire, altération de la réceptivité endométriale et remodelage tissulaire S1P-dépendant. Sans prétende épuiser la complexité de la maladie, ces travaux mettent en évidence des processus et voies de signalisation susceptibles de guider le développement de stratégies thérapeutiques mieux adaptées au stade évolutif de la maladie et potentiellement compatibles avec la préservation de la fertilité.
Title :
Experimental study of fertility alterations, immune microenvironment changes, and S1P pathway targeting in a murine model of adenomyosis.