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Abstract :
[fr] Se détachant des conceptions hégémoniques de la sécurité qui la restreignent à un petit nombre de thématiques et d’objets à protéger, cette thèse vise à étudier les conflits de définition de l’(in)sécurité tels qu’ils s’expriment dans les médias. Elle pose alors la question de la production et de la légitimation des définitions concurrentes de l’(in)sécurité et de leurs effets sur la construction discursive des identités. Dans cette perspective, il s’agit d’abord de constituer un cadre théorique et méthodologique permettant de se saisir de la diversité des discours sécuritaires. Les relations entre médias, sécurité et identité sont ensuite explorées à partir de celui-ci sur différentes scènes médiatiques : la presse traditionnelle et dominante, le mouvement #MeToo sur Twitter et le site internet zad.nadir.org, auto-média de la ZAD de Notre-Dame-des-Landes. Les résultats montrent que des contre-discours sécuritaires ont bien été élaborés depuis ces espaces marginaux. Ceux-ci remettent en question à la fois le contenu de la menace et les modalités de mise en discours de la sécurité, avec des effets sur les identités qu’ils façonnent pour les collectifs ou territoires concernés. Il apparaît également que la presse traditionnelle et dominante a fait écho, dans une certaine mesure, à ces autres discours de la sécurité, mais que son dispositif spécifique et les normes et valeurs qui l’encadrent (notamment l’objectivité journalistique) en transforment la mise en récit, et, surtout, les identités collectives qui y sont articulées.
[en] Moving away from hegemonic conceptions of security that restrict it to a limited set of issues and objects to be protected, this dissertation examines conflicts over the definition of (in)security as they are articulated in the media. It addresses the question of how competing definitions of (in)security are produced and legitimised, and how they affect the discursive constructions of identities. From this perspective, the dissertation first develops a theoretical and methodological framework designed to account for the diversity of security discourses. The relationships between media, security and identity are then explored across different media arenas: the mainstream press, the #MeToo movement on Twitter, and the website zad.nadir.org. The findings show that security counter-discourses have indeed been developed within these marginal media spaces. These discourses challenge both the content of perceived threats and the discursive modalities through which security is articulated, with significant effects on the identities they shape for the collectives or territories concerned. The analysis further shows that, while the mainstream press had echoed these other security discourses to some extent, its specific media dispositive and the norms and values that structure it (most notably journalistic objectivity) reshape their narrative framing and, above all, the collective identities articulated through them.