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Abstract :
[fr] En cas de conflit armé, le corps, particulièrement celui des combattants et des autres personnes participant directement aux hostilités, est au cœur d’un paradoxe juridique fondamental. Le droit – spécialement le droit international humanitaire (DIH) – entend en effet, dans une certaine mesure, le protéger, notamment par l’interdiction des moyens de guerre susceptibles de causer des maux dits "superflus", ou encore par les règles relatives au respect dû aux morts et à leurs dépouilles. Mais, en même temps, le DIH régit le recours à la violence au départ d’un compromis radical : celui qui veut qu’un "droit de tuer" existe, et que certains corps ennemis puissent ainsi être légitimement pris pour cibles dans le cadre des hostilités. Cette présentation a interrogé ce rapport ambigu, à la fois protecteur et permissif, du DIH à l’intégrité physique. Elle nous a conduit à observer certaines évolutions contemporaines – technologiques, juridiques et philosophiques – venant possiblement remettre en cause cette approche classique et paradoxale du DIH à la vie et à la mort. Avec, en filigrane, un questionnement fondamental : une branche du droit qui entend humaniser la guerre n’est-elle pas susceptible de contribuer, paradoxalement, à normaliser certaines formes de violence extrême contre les corps mêmes qu’elle entend protéger ?