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Abstract :
[fr] Ce travail se concentre sur l’écart entre la visite promise et la visite vécue, sur le passage du
seuil entre l’espace urbain et l’intérieur du bâtiment du musée. Pour cette raison
l'architecture du Malba (Buenos Aires), du MoMA (New York), de la Tate Modern (Londres)
et du Centre Pompidou (Paris) a été analysée, plus précisement, les façades, les esplanades
et les halls d'entrée. Ceux-ci ont été définis comme des espaces intermédiaires qui ont une
double fonction : configurer une promesse expérientielle aux visiteurs qui annonce ce qui
sera expérimenté à l'intérieur du bâtiment ; et consolider un contrat de visite, c’est-à-dire,
établir un lien stable entre le public et l’institution.
L'idée de promesse expérientielle implique qu'au XXI e siècle, la visite du musée est configurée
depuis et vers les bords du territoire muséal. Cette affirmation se basse sur l’observation de :
a) la présence d’interventions artistiques dans les esplanades et façades du musée qui
proposent aux visiteurs d’interagir avec le bâtiment du musée ; b) la stabilisation des
nouvelles pratiques de visite qui vont du selfie en face du musée au pique-nique sur
l’esplanade. Cela implique de nouveaux modes de contact avec les œuvres d’art et avec
l'institution avant d'entrer dans son bâtiment et même sans y entrer et, en parallèle,
souligne les relations étroites entre les musées et l’espace urbain. Ainsi, l’institution muséale
participe de la vie urbaine de son quartier, contribuant à la construction de son identité, et
l’espace urbain lui-même participe à la construction de l’expérience muséale.
A partir de cette hypothèse, les espaces intermédiaires ont été étudiés dans le but
d’identifier les visiteurs modèles configurés à par ces discours spatiaux (les façades, les
esplanades et les halls d'entrée) et d’analyser les manières dont ces configurations
participent à la construction de l’identité de chaque quartier, ville et (ou) pays. L’étude
sémio-ethnographique de ces espaces, réalisée entre 2017 et 2019, ont eu pour conclusion
la proposition d'une nouveau visiteur modèle : le visiteur frontalier qui, configuré par les
trajectoires et les appropriations spatiales conçues par les discours spatiaux du musée,
souligne l’importance des espaces entourant les salles d’exposition et de l’espace urbain
dans la construction de l’expérience muséale.
Publisher :
Pulim, Presses universitaires de Limoges, Limoges, Unknown/unspecified