médecine; études coptes; cryptographie; P.Méd.Copt. IFAO; Chassinat
Abstract :
[fr] Datant des IXe/Xe s., le P.Méd.Copt. IFAO contient le plus large recueil de recettes médicales en langue copte. Le profil de son propriétaire – vraisemblablement formé à la pharmacopée et inséré dans un milieu de praticiens dotés d’une culture scientifique interdisciplinaire – semble correspondre à celui du copiste-compilateur du manuscrit. Au fil de la rédaction, l’activité de ce copiste s’accompagne de l’usage de la cryptographie. Néanmoins, contrairement à d’autres scripteurs faisant recours à la cryptographie, comme celui du Papyrus magique de Londres-Leyde (GEMF 16 = PDM xiv ; IIIe/IVe s.), du codex de Nag Hammadi VIII (IVe) ou bien encore ceux des nombreux ostraca et graffiti cryptographiques coptes, qui cryptent souvent une section de texte considérable et bien
déterminée, celui du P.Méd.Copt. IFAO restreint l’emploi de cette technique à quelques catégories de mots (materia medica, verbes procéduraux, noms de couleurs etc.) dispersés dans plusieurs recettes. Cette étude vise à mieux comprendre le rôle du copiste dans la construction et la transmission du savoir médical, en questionnant plus largement les relations entre geste manuel et intention intellectuelle. Pour ce faire, après une introduction sur la cryptographie, nous tenterons d’abord d’analyser les erreurs de cryptage du copiste pour déterminer si les insertions cryptographiques sont
un choix du copiste ou remontent au(x) modèle(s) utilisé(s). Ensuite, nous chercherons à encadrer le recours à la cryptographie dans le contexte de rédaction et circulation du P.Méd.Copt. IFAO, afin de reconsidérer la figure du copiste non seulement en tant que compilateur, mais aussi en tant qu’auteur d’une mise en forme singulière du savoir médical.
Research Center/Unit :
École normale supérieure - Département des Sciences de l'Antiquité École pratique des hautes études - Section Sciences historiques