Abstract :
[fr] Quelle critique pour quelle époque ? Si nous suivons les questions posées par Isabelle Stengers, l’époque est celle des catastrophes et l’heure est à la résistance face à la barbarie déjà-là (I. Stengers, 2009). Face à ces catastrophes (sociales, environnementales, politiques, etc.), les mobilisations écologiques ont souvent suscité un enthousiasme non-dissimulé de bons nombres d’intellectuel·les de premier plan (Philippe Descola, Bruno Latour, Isabelle Stengers, Vincianne Despret, etc.). Des pratiques préfiguratives aux mondes à venir, les disputes environnementales ont éveillé ma curiosité scientifique. Après avoir étudié les critiques ordinaires des ancien·nes occupant·es de la zone-à-défendre d’Arlon en Belgique (T. Blondiau-Lebeau, 2025), j’ai décidé de m’intéresser aux résistances ordinaires des collectifs de riverain·es qui s’opposent à l’artificialisation des sols dans la région de Liège.
Après un an d’observation participante, d’entretiens et de collectes de matériaux empiriques, les chemins de la théorie critique semblent plus que jamais nécessaire pour les participant·es de l’espace de la cause environnementale (L. Béréni, 2007). Depuis quelques années, la sociologie de la domination (J.-B. Comby, 2024), les mobilisations anti-racistes (F. Ouassak, 2023), ou encore les féministes de la subsistance (G. Pruvost, 2021) ont pris aux sérieux les impensés des espaces écologiques.