Abstract :
[fr] En 2024 en Belgique, la volonté d’atteindre un taux d’emploi de 80% à l’horizon 2030, contre 72,2% actuellement, constitue un objectif central. Dans cette perspective, une réforme intitulée TIM (Talent, Impulsion et Mobilisation) est mise en oeuvre par le service public wallon de l’emploi (FOREm) afin de développer un accompagnement spécifique et personnalisé des chômeurs. Cette réforme, articulée autour des enjeux d’activation et de digitalisation, soulève un questionnement normatif relatif aux politiques d’égalité et d’équité. Le présent article propose d’analyser les fondements de cette réforme politique en étudiant les pratiques professionnelles de deux catégories d’intermédiaires avant l’entrée en vigueur de la réforme TIM : les conseillers à l’emploi du FOREm et les formateurs de FormaC (une agence d’insertion). L’étude repose sur une démarche empirique qualitative mobilisant l’observation, l’analyse documentaire et des entretiens semi-directifs. Elle vise à répondre à deux questions principales : comment appréhender les principes normatifs qui structurent aujourd’hui l’accompagnement et le suivi des chômeurs ? Dans quelle mesure les politiques d’activation, fondées sur le principe d’équité, favorisent-elles l’inclusion des chômeurs et, par conséquent, l’effectivité de leurs droits ? Ce faisant, cet article met en exergue le fait que l’accompagnement qui résulte des appels à projets ou des missions de service public détient davantage un caractère occupationnel et de socialisation aux codes normés d’une recherche d’emploi, plutôt que de (ré)insertion effective des chômeurs. La réforme actuelle voit par ailleurs l’émergence de possibles nouveaux risques de segmentation des publics, en lien avec l’évaluation de leur degré de maturité numérique.
[en] In Belgium in 2024, the desire to achieve an employment rate of 80% by 2030, compared to the current rate of 72.2%, is a key objective. In this regard, a reform called TIM (Talent, Impulsion et Mobilisation) is being implemented by the Walloon public employment service (FOREm) to develop specific, personalized support for the unemployed. This reform, which focuses on activation and digitalization, raises normative questions about equality and equity policies. This article analyses the foundations of this policy reform by studying the professional practices of two categories of intermediaries prior to the TIM reform coming into force: FOREm employment counsellors and FormaC (an integration agency) trainers. The study is based on a qualitative empirical approach using observation, documentary analysis, and semi-structured interviews. It aims to answer two main questions: how can we understand the normative principles that currently structure the support and monitoring of unemployed people? To what extent do activation policies, based on the principle of equity, promote the inclusion of unemployed people and, consequently, the effectiveness of their rights? In doing so, this article highlights the fact that the support resulting from calls for projects or public service missions is more occupational in nature and focused on socialization to the standardized codes of job search, rather than on the effective (re)integration of the unemployed. The current reform also sees the emergence of possible new risks of segmentation of the public, in connection with the assessment of their level of digital maturity.
Alternative titles :
[en] Equality, equity, and inclusion: Contemporary issues in employment activation policies in French-speaking Belgium