Abstract :
[fr] Prérequis/Contexte
L’œuf est l’un des allergènes alimentaires les plus fréquents chez l’enfant, avec le lait de vache, l’arachide et les fruits à coque. Certains vaccins contiennent des traces d’ovalbumine, une protéine allergisante de l’œuf. Les concentrations d’ovalbumine sont généralement plus élevées dans les vaccins cultivés sur des œufs de poule embryonnés (grippe, fièvre jaune et rage) et plus faibles dans les vaccins cultivés sur des fibroblastes d’embryons de poulet (rougeole, oreillons et rubéole [ROR]). Les vaccins contenant de l’ovalbumine ont longtemps été contre-indiqués chez les personnes allergiques aux œufs, mais les études actuelles semblent moins alarmistes.
Objectifs
Décrire les pratiques vaccinales actuelles chez les enfants allergiques aux œufs par les médecins généralistes.
Méthodes
Étude observationnelle menée dans les départements français du Nord et du Pas-de-Calais à l’aide d’un questionnaire destiné à des médecins généralistes sur la base du volontariat.
Résultats/Discussions
Parmi les 93 médecins généralistes interrogés, la plupart (61,4 %) rencontraient rarement des enfants allergiques aux œufs. En cas de vaccination, l’allergie aux œufs était considérée comme un problème par la majorité des médecins (88,9 %), suivie de l’allergie aux sulfites (11,1 %). Les trois vaccins les plus problématiques étaient ceux contre la grippe, la fièvre jaune et ROR.
Conclusion
Cette étude suggère qu’en France, l’allergie aux œufs peut encore être un motif de retard vaccinal chez les enfants. Cette tendance a déjà été observée dans d’autres pays. Cependant, le bilan allergologique n’est plus nécessaire chez ces enfants, quelle que soit la gravité de l’allergie, en cas de vaccination contre la grippe, la fièvre jaune et ROR [1], [2]. Une actualisation des contre-indications sur les notices des vaccins serait nécessaire.