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Abstract :
[fr] La maîtrise du temps historien demeure un enjeu récurrent pour les élèves comme pour les enseignants. De nombreuses recherches ont montré combien l’apprentissage du temps en histoire reste difficile pour les apprenants (Lautier, 1997; Martineau, 1997; Jadoulle & Stevens, 2018; Jadoulle, 2018). Une recherche doctorale menée en Belgique francophone (Pirard, 2021) met en lumière la persistance de pratiques d’enseignement où le temps, rarement travaillé explicitement, demeure relégué à l’arrière-plan des apprentissages. Dans certaines situations, une forte guidance professorale, centrée sur un questionnement dirigé, conduit les élèves vers un temps historien déjà construit, réduisant ainsi leur engagement cognitif et leur capacité à le penser comme une élaboration propre.
Ce constat invite à reconsidérer la temporalité historienne non comme un donné stable, mais comme une construction dynamique dépendante des acteurs, des contextes, des activités proposées et des questionnements. Il s’agit donc de dépasser l’opposition classique entre démarches chronologiques et thématiques, pour concevoir des dispositifs didactiques permettant d’aborder le temps historien comme un objet d’apprentissage en soi. Cette communication sera l’occasion de revenir sur plusieurs résultats issus d’une recherche quasi-expérimentale menée dans l’enseignement qualifiant en Belgique francophone. Elle proposera également des pistes concrètes pour renforcer l’enseignement du « temps réfléchi » (Pirard, 2021).