[fr] À l’ère de la gouvernance publique axée sur la performance, le contrôle budgétaire au Bénin a connu une transformation substantielle. Initialement cantonné à la vérification de la régularité juridique des dépenses publiques, il s’est progressivement orienté, sous l’impulsion de la LOLF béninoise de 2013 et des directives de l’UEMOA, vers une logique stratégique intégrant des considérations de soutenabilité financière et d’analyse de la performance. Cette extension fonctionnelle des prérogatives du contrôleur budgétaire, si elle vise à renforcer la discipline financière, soulève un paradoxe juridique fondamental : elle tend à reconcentrer le pouvoir d’arbitrage au sein de l’administration financière et à fragiliser l’autonomie des ordonnateurs sectoriels. L’étude met en lumière les tensions structurelles entre régularité et opportunité, contrôle et autonomie, qui traversent le système financier public béninois. Elle analyse les risques de détournement de compétence et de dilution des responsabilités, puis propose les bases d’un modèle équilibré, conciliant légalité, soutenabilité et responsabilisation effective des gestionnaires publics, dans le cadre d’un nouveau constitutionnalisme financier.