Keywords :
Tendinopathies, équin, cellules souches mésenchymateuses, ténogénique, immunomodulation
Abstract :
[fr] Les lésions tendineuses et ligamentaires constituent les affections musculo-squelettiques les plus fréquentes chez le cheval, en particulier chez les chevaux de sport ou de course, où elles représentent un enjeu clinique et économique majeur. Plusieurs protocoles thérapeutiques sont actuellement disponibles. Toutefois, aucun ne permet de prévenir totalement les taux élevés de récidive ni d’assurer une réparation tissulaire de qualité optimale, ce qui souligne la nécessité de développer des approches thérapeutiques innovantes. Dans ce contexte, les thérapies régénératives, et plus particulièrement l’utilisation des cellules souches mésenchymateuses (CSMs), suscitent un intérêt croissant.
L’objectif de cette thèse est d’évaluer le potentiel thérapeutique des cellules souches mésenchymateuses dérivées du tendon (TDSCs) dans le traitement des tendinopathies équines, en terme d’efficacité, de sécurité et de facilité d’utilisation clinique. Ce travail vise également à caractériser leurs propriétés biologiques, notamment leurs caractéristiques de cellules souches, leur potentiel ténogénique et leurs capacités immunomodulatrices post-mortem, ainsi qu’à développer une méthode de cryopréservation adaptée à une utilisation clinique.
Cette thèse s’articule autour de cinq études. Une étude clinique préliminaire (étude n°1), sous la forme de rapport de cas, a permis d’évaluer le potentiel thérapeutique des TDSCs dans le traitement de lésions tendineuses et ligamentaires. Ce rapport de cas (étude n°1) a été conforté par une deuxième étude clinique (étude n°2), menée en collaboration avec des experts européens en chirurgie et en imagerie sur un échantillonnage plus large. Cette étude a permis de confirmer les résultats et d’évaluer la tolérance du traitement.
Parallèlement, des analyses fondamentales ont été menées afin d’optimiser la cryopréservation des TDSCs (étude n°3), en développant une méthode alternative exempte de diméthylsulfoxyde et de sérum fœtal bovin afin d’éviter les effets délétères de ceux-ci. L’impact de cette cryopréservation sur la viabilité, la prolifération, le caractère souche, le potentiel ténogénique (étude n°4) et immunomodulateur (étude n°5) a été étudié.
Les résultats cliniques indiquent que l’injection de TDSCs est bien tolérée et associée à une amélioration clinique des tendinopathies dans des contextes définis. Le glycérol s’est révélé être un cryoprotecteur efficace et peu toxique, permettant de maintenir une capacité de prolifération élevée. Les TDSCs cryopréservées conservent leur potentiel ténogénique, comme en témoigne l’expression de marqueurs spécifiques et leur capacité à produire des fibres de collagène, probablement de type III. De plus, leur capacité à synthétiser des cytokines clés en conditions inflammatoires est préservée après cryopréservation.
L’ensemble de ces résultats met en évidence le fort potentiel des TDSCs comme outil thérapeutique innovant lors de lésions tendineuses et ligamentaires chez le cheval. Le développement d’une méthode de cryopréservation cliniquement compatible, c’est-à-dire ne provoquant pas d’effets secondaires délétères lorsque cette solution est injectée in vivo, constitue une étape clé vers leur utilisation clinique. Ces travaux ouvrent la voie à de futures études cliniques contrôlées et à une intégration raisonnée des TDSCs dans l’arsenal thérapeutique vétérinaire.