No document available.
Abstract :
[fr] Aux portes de l’Union Européenne où les politiques migratoires restrictives contribuent aux logiques d’encampement (Agier 2014), des dynamiques éducatives voient le jour selon des modalités variées. Mes recherches analysent les jeux d’interactions – notamment à travers la sociologie d’Erving Goffman (1974) – auxquels se prête l’école en contexte de camp pour vérifier l’hypothèse selon laquelle elle dépasserait son rôle traditionnel lié aux apprentissages.
Après plusieurs terrains menés en 2016 en France, Grèce, Italie, Macédoine et Serbie, j’ai fait le choix de me concentrer sur la Grèce entre 2017 et 2019. J’y ai traversé 7 camps, conduit 17 observations de classe et 56 entretiens semi-directifs avec toutes les parties prenantes de l’éducation en contexte migratoire. Initialement intéressé par la dimension politique qu’une école pouvait acquérir dans un camp de réfugiés, je me suis aperçu que, sous certaines conditions, elle pouvait en transformer l’environnement au point de bouleverser la définition même du concept de camp.
J’établirai les raisons de la multiplication des écoles dans les camps, liées à des volontés politiques de non-inclusion mais aussi à des lacunes structurelles des systèmes éducatifs formels concernant la prise en charge du trauma et la construction de dynamiques transculturelles. Ma conception de la transculturalité s’inscrit dans la lignée des travaux de Chantal Forestal (2008) et dépasse l’interculturalité pour transformer les représentations des agents et permettre de mobiliser un collectif au-delà de l’individu. Ensuite, je démontrerai que les approches innovantes mises en œuvre dans les camps peuvent transformer la période d’encampement en étape positive du parcours migratoire des enfants, rejaillir sur les adultes et permettre de faire un pas vers le désenclavement des camps.