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Abstract :
[fr] Les politiques migratoires restrictives menées par l’Union européenne contribuent à la
multiplication des « camps de réfugiés » où des dynamiques éducatives voient le jour
selon des modalités variées. Après plusieurs terrains menés en 2016 en France,
Grèce, Italie, Macédoine et Serbie, j’ai fait le choix de me concentrer sur la Grèce entre
2017 et 2019. J’y ai traversé 7 camps, conduit 17 observations de classe et 56
entretiens semi-directifs avec toutes les parties prenantes de l’éducation en contexte
migratoire. Initialement intéressé par la dimension politique qu’une école pouvait
acquérir dans un camp, je me suis aperçu que, sous certaines conditions, elle pouvait
en transformer l’environnement au point de bouleverser la définition même du concept
de camp. J’établirai les raisons de la multiplication des écoles dans les camps, liées à
des volontés politiques de non-inclusion mais aussi à des lacunes structurelles des
systèmes éducatifs formels concernant la prise en charge du trauma et la construction
de dynamiques transculturelles. Ensuite, je démontrerai que les approches innovantes
mises en oeuvre dans les camps peuvent transformer la période d’encampement en
étape positive du parcours migratoire des enfants, rejaillir sur les adultes et permettre
de faire un pas vers le désenclavement des camps.