Abstract :
[fr] La politique étrangère belge de l’entre-deux-guerres n’a pas facilement suscité de consensus historiographique. En raison de ses implications communautaires et de son impact, réel ou supposé, sur les événements de 1940 et ceux de la question royale, la ligne de conduite diplomatique du pays entre 1919 et 1939 a longtemps fait l’objet d’un débat nourri. Dans quelle mesure celui-ci a-t-il été alimenté voire parasité par l’identité de ses principaux animateurs ? En effet, les récits initiaux voire fondateurs sont l’œuvre de deux ambassadeurs qui ont, par ailleurs, contribué à élaborer cette politique : Pierre van Zuylen et Fernand Vanlangenhove. Par leur accès privilégié aux sources primaires et par l’impact de leurs écrits au statut hybride (entre témoignage personnel, autojustification et premier établissement des faits), ils ont, durant plusieurs décennies, saturé le champ de l’histoire des relations internationales de la Belgique. Cet article propose une relecture, au prisme de leurs textes, des parcours de leurs auteurs, de leurs contextes de publication et de leur réception.
[en] Belgian foreign policy in the interbellum years did not reach easily some form of historiographical consensus. Because of its implications for the linguistic communities and its impact, real or supposed, on the events of 1940 and the subsequent Royal Question, the country's diplomatic policy between 1919 and 1939 has long been the subject of intense debate. To what extent has this debate been fuelled, or even paralysed, by the identity of its main protagonists? In fact, the initial and even basic accounts are the work of two ambassadors who had been personally involved in the development of that policy: Pierre van Zuylen and Fernand Vanlangenhove. Thanks to their privileged access to primary sources and the impact of their writings, which have a hybrid status (between personal testimony, self-justification and first description of the facts), they have, for several decades, saturated the field of the history of Belgium's international relations. This article proposes a rereading, through the prism of their texts, of their authors careers, the contexts of their publications and their reception.