Abstract :
[fr] Depuis plus de 30 ans, les matériaux isolants sont devenus incontournables en conception
architecturale. Leur usage s’est imposé puis amplifié grâce à l’évolution des réglementations sur la performance énergétique des bâtiments et au renforcement des exigences en matière d’isolation thermique. En 2018, ces réglementations ont été modifiées pour inclure de nouvelles ambitions concernant la rénovation du bâti existant. Les états membres de l’Union Européenne ont ainsi adopté une stratégie à long terme, avec l’objectif d’augmenter le nombre annuel de rénovations en donnant la priorité aux bâtiments existants les moins performants, notamment ceux qui ont été réalisés avant 1975.La rénovation énergétique est ainsi devenue un enjeu de taille pour tous les pays européens qui font face à un bâti existant caractérisé à la fois par sa diversité, tant rurale qu’urbaine, et par un pourcentage élevé d’immeubles résidentiels de l’après-guerre et de bâtiments plus anciens, peu isolés et très énergivores.
La rénovation énergétique de ce bâti implique, entre autres, l’amélioration des performances thermiques de l’enveloppe à travers le choix des isolants et de leur mise en œuvre. De nombreuses techniques adaptées à la construction neuve ne peuvent s’appliquer à l’identique sur le bâti ancien, car il interagit avec son environnement climatique et cherche à gérer la vapeur d’eau contenue dans ses parois, en
s’appuyant sur le comportement hygrothermique des matériaux qui les constituent. Une isolation mal pensée peut modifier sensiblement cette caractéristique et occasionner des dégradations matérielles etstructurelles. Elle peut également restreindre le confort d’été, en diminuant la capacité des parois isolées à stocker la chaleur. En outre, elle peut engendrer une perte de l’identité du bâtiment isolé, du lien au paysage ou de la valeur patrimoniale. Ces trois aspects sont autant d’éléments contribuant au caractère
architectural d’une région ainsi qu’à l’héritage bâti, urbain et rural à transmettre aux générations futures. Mais plus encore, le choix d’un isolant peut influencer lourdement le bilan environnemental global de l’opération de rénovation, en entraînant une consommation élevée de ressources (matières premières, énergie, eau), en générant des émissions importantes de gaz à effet de serre et en utilisant des matériaux peu circulaires, aux assemblages non réversibles, difficilement réemployables ou valorisables en fin de vie. Dans ce contexte, l’usage d’isolants biosourcés en rénovation présente de nombreux attraits, tant constructifs et techniques qu’économiques, sociaux et environnementaux.
Tric, Zoé; Amaco
Lemoine, Louise; Les Grands Ateliers
Le Bihan, Yann; Institut supérieur de recherche et de formation aux métiers de la pierre
Gauzin-Müller, Dominique; Association Frugalité heureuse & créative