Abstract :
[fr] L’agriculture emploie et fait vivre plus de 85,7 % de la population au Burundi. Elle occupe la première place en termes de contribution au PIB. Elle est aussi la principale source de revenu permettant l’acquisition et/ou l’amélioration des capitaux d’existence (capital humain, capital naturel, capital physique, capital financier, et capital social) des ménages ruraux, et ainsi permettant l’amélioration de leurs moyens d’existence.
L’exploitation minière contribue également au PIB, et s’effectue dans les milieux ruraux, souvent sur des terres dont les ménages ont été expropriés. Elle a formellement démarré en 2014 sur le plan national. Mais, est-ce qu’elle constitue un élément positif au développement rural, surtout à celui de l’agriculture des ménages vivant aux environs des sites miniers ? Aucune étude n’a été réalisée à ce jour, pour répondre à cette question. C’est l’objet de cette recherche. Elle vise à analyser les effets des activités d’exploitation de l’or et à ressortir leur impact sur la production agricole, le revenu agricole et le revenu général des ménages agricoles vivant aux environs des sites miniers des collines Gahoma et Ruhororo, en commune Mabayi dans la province de Cibitoke. Une enquête auprès de 210 ménages, 70 ménages par colline (communauté), des entretiens avec des informateurs clés, des focus groups et des observations, ont été réalisés en juillet et août 2022. Cent quarante (140) ménages appartenaient aux collines expérimentales Gahoma et Ruhororo, où respectivement la société minière étrangère TMB et la coopérative minière locale DHDI menaient leurs activités depuis décembre 2018. Septante (70) autres ménages ont été sélectionnés comme témoins et appartenaient à une colline non-minière Buhoro, de la même commune.
Le cadre d’analyse est celui des moyens d’existence. Il permet de comprendre comment les ménages gagnent leur vie, en analysant leurs capitaux d’existence, leurs stratégies pour les utiliser, le contexte politique et institutionnel qui influence leur accès à ces actifs, et leur vulnérabilité vis-à-vis des chocs.
Les résultats montrent que la coopérative minière DHDI contribue au développement agricole. Suite à ses activités, la production et le revenu agricoles moyens ont augmenté chez les ménages de la colline Ruhororo, par rapport à la colline de référence. Par contre, la société minière TMB ne contribue pas au développement agricole. Suite à ses activités, la production et le revenu agricoles moyens ont diminué chez les ménages de la colline Gahoma, par rapport à la colline de référence.
Le revenu général moyen s’est amélioré sur les deux collines, surtout du fait que les prix des biens et services ont augmenté suite à la présence des activités minières, mais aussi du fait de la création d’emplois. Cela améliore les moyens d’existence des ménages en général. Mais cette amélioration concerne peu de ménages à Gahoma (47%), alors que la détérioration concerne beaucoup de ménages (53%). A Ruhororo, l’amélioration concerne beaucoup de ménages (76%) et la détérioration ne concerne que peu de ménages (24%).
L’activité minière peut donc contribuer au développement rural et agricole à condition d’être encadrée et de reposer sur un modèle d’exploitation spécifique comme dans le cadre de notre étude avec la coopérative DH
Title :
Impact de l’exploitation minière sur les moyens d’existence des ménages ruraux vivant aux environs des sites miniers de la commune Mabayi, province Cibitoke, Burundi
Original title :
[fr] Impact de l’exploitation minière sur les moyens d’existence des ménages ruraux vivant aux environs des sites miniers de la commune Mabayi, province Cibitoke, Burundi