Abstract :
[fr] L’église Notre-Dame de Bon-Secours à Péruwelz est un joyau d’architecture religieuse néogothique de la fin du XIXe siècle. Cet édifice pittoresque, véritable phare de la Chrétienté, trône au sommet d’une colline aux pentes abruptes, à quelques pas de la frontière française. Épicentre d’un important pèlerinage marial, il a remplacé une chapelle du XVIIe siècle devenue trop exigüe, démolie en 1885. La genèse du projet confié à l’architecte Frans Baeckelmans est cependant bien plus ancienne. En effet, pendant près d’un quart de siècle, plusieurs institutions et administrations se déchirent régulièrement au sujet du devenir d’un site qui cristallise des enjeux à la fois religieux, cultuels, mémoriaux, économiques, hygiénistes et patrimoniaux : faut-il maintenir, agrandir ou reconstruire le monument ? À compter de 1858, année qui marque le début du pèlerinage à Lourdes, de nombreux projets sont régulièrement élaborés, critiqués, amendés, voire torpillés en fonction des enjeux et des positions idéologiques. L’étude de ces projets successifs et de leurs protagonistes permet de renouveler notre regard sur la genèse de cette église incontournable, et livre des clés de compréhension multiples sur ses formes architecturales. À plus large échelle, elle éclaire également le processus créatif en architecture au cours de la seconde moitié du XIXe siècle, en questionnant le poids de la géographie administrative de l’époque et des rapports de force que celle-ci engendre.