Abstract :
[fr] Anne-Claude Romain, Professeure à la Faculté des Sciences, responsable du Laboratoire SAM, ULiège, a démarré les échanges en posant quelques constats quant à l’impact avéré de l’intérieur du bâtiment sur le confort et la santé des occupants.
Augmentation du syndrome des bâtiments malsains et des interventions des « Ambulances vertes », teneur en substances volatiles à l’intérieur supérieure à l’extérieur, charge de comorbidité liée à la qualité de l’air de 35%...
Le premier état des lieux de la recherche dans le domaine de la qualité de l’air intérieur, en Europe, date de 2008. Cela est assez récent comparé à l’intérêt porté, depuis longtemps sur la qualité de l’air ambiant. Différentes études démontrant les impacts sanitaires de la qualité de l’air intérieur sur la santé ont ensuite été abordées, avec les symptômes observés.
Le lien entre l’air intérieur et les préoccupations au sein des bâtiments a ensuite été fait.
La performance énergétique (PEB), qui guide la conception des bâtiments en termes de réduction du coût énergétique et de la réduction des émissions de CO2 n’a pas que des avantages en termes de qualité de l’air intérieur car elle entraine, notamment, une augmentation du confinement (meilleure isolation thermique, diminution de l’aération et contrôle de celle-ci qui passe de « naturelle » à mécanique).
Anne-Claude Romain a donc insisté sur le fait qu’un bâtiment certifié PEB n’est pas synonyme d’un bâtiment sain et que cette certification ne prend pas en compte l’impact sanitaire du bâtiment. Et de citer d’autre sortes de performance environnementale des bâtiments dont le Breeam (qui prend en compte différents critères comme l’énergie, la pollution, l’impact environnemental, la santé, le confort...).
Les polluants de la qualité de l’air peuvent être chimiques, biologiques ou physiques.
Les sources sont les échanges avec l’extérieur renouvellement d’air mécanique, infiltration naturelle, polluants extérieurs), les polluants issus du bâtiment lui-même (bâti et matériaux de construction, ameublement et décoration), l’occupation du bâtiment (interaction avec les surfaces, activités déployées...).
Quant à la définition de la qualité de l’air intérieur, Anne-Claude Romain a expliqué qu’il n’y avait pas de consensus. Sur la composition et le CO2 non plus.
La mesure de CO2 est souvent utilisée pour évaluer une bonne qualité de l’air intérieur, mais cette donnée n’est pas correctement interprétée.
Il s’agit en effet d’un indicateur de ventilation et de présence humaine et non d’un indicateur de la qualité de l’air intérieur (cf. position document de l’ASHRA qui propose une synthèse sur l’utilité du CO2 comme critère).
Pour améliorer la qualité de l’air intérieur il faut bien sûr pouvoir la mesurer. Pour évaluer la pollution intérieure, il existe deux approches : dans le bâtiment/habitation (analyses sur place et ou échantillons en laboratoire par le Service d’Analyse des Milieux Intérieurs...) et en laboratoire, dans des chambres d’émission (test des matériaux et produits).
Enfin, la chercheuse a brossé la réglementation en la matière qui diffère entre la Wallonie, la Flandre, le Fédéral, et les pays européens. Et de souligner un manque d’harmonisation.
Disciplines :
Physical, chemical, mathematical & earth Sciences: Multidisciplinary, general & others
Title :
La qualité de l'air intérieur, un enjeu de santé et de conception pour le secteur de la construction : La qualité de l’air interieur, de quoi s’agit-il?