Reference : Comparaisons des attitudes d’acteurs dans les démarches de coutures urbaines
Scientific congresses and symposiums : Unpublished conference/Abstract
Social & behavioral sciences, psychology : Regional & inter-regional studies
Social & behavioral sciences, psychology : Human geography & demography
http://hdl.handle.net/2268/237191
Comparaisons des attitudes d’acteurs dans les démarches de coutures urbaines
French
[en] Comparisons of the attitudes of actors in urban sewing approaches
Dethier, Perrine mailto [Université de Liège - ULiège > > Lepur(Centre rech.sur la Ville,le Territ.et le Milieu rural) >]
Halleux, Jean-Marie mailto [Université de Liège - ULiège > Département de géographie > Service de géographie économique (ECOGEO) >]
20-Jun-2019
Yes
No
International
21èmes Rencontres internationales en urbanisme de l'APERAU
du 17 au 21 juin 2019
APERAU
Strasbourg
France
[fr] économie expérimentale ; auto-gouvernance ; habitat participatif ; confiance ; coopération
[fr] Face aux enjeux économiques, sociaux et écologiques, de nombreux acteurs citoyens, associatifs et économiques, s’engagent dans des initiatives locales de régénération urbaine. Ces "coutures - soudures" se multiplient en Europe où une grande diversité de pratiques est présente. Dans certains pays, les pratiques deviennent répandues, tandis que dans d’autres contextes, les initiatives restent marginales. L’objectif de cette présentation est de comprendre les raisons de cette diversité de maturation. Les institutions formelles ayant été déjà longuement étudiées, nous nous focalisons sur les institutions informelles et notamment sur la culture d’aménagement. Cette présentation a pour objectif de comparer différentes attitudes nécessaires au développement de ces initiatives entre différents pays (l’Allemagne, l’Angleterre, la Belgique (seulement en partie francophone), la France, la Norvège et les Pays-Bas). Afin de comparer ces attitudes de manière empirique, nous utiliserons l’économie expérimentale1.
Il existe de nombreux exemples où les acteurs locaux (les citoyens et les acteurs non-gouvernementaux) prennent des initiatives dans le processus de régénération urbaine. Ces types d’initiatives sont souvent des systèmes autogouvernés. Ces outils présentent à la fois une ambition collective et à la fois une forme de coordination interne au système. Contrairement à d’autres formes de gouvernance, ce sont les citoyens et les acteurs non-gouvernementaux qui ont la prédominance. Ils sont même à l’initiative, ce qui les distingue de toute forme de participation institutionnalisée.
Dans le cadre de cette présentation, nous nous intéressons à la filière de l’autopromotion collective, lorsque plusieurs familles ou ménages s’organisent afin de mettre en place une opération commune qui intègre plusieurs logements. La logique de l’autopromotion collective est étroitement liée à la notion d’habitat participatif, que l’association américaine de l’habitat participatif (The Cohousing Association of the United States) définit de la manière suivante : « l’habitat participatif est un type de logement collectif où les habitants participent activement dans la conception et l’organisation de leur environnement. Les habitants d’habitat participatif sont volontairement engagés à vivre comme une communauté. La conception des logements encourage les contacts sociaux tout en garantissant des espaces privés » [traduction libre]2 (The Cohousing Association of the United States, n.d.).
Selon cette définition, la notion d’habitat participatif se réfère à deux caractéristiques à la fois étroitement entremêlées et distinctes : d’une part, l’action collective dans la production des logements et, d’autre part, le partage de certains espaces et équipements (Vestbro, 2000). Avec cette présentation, nous nous intéresserons plus spécifiquement à la problématique de la production et à l’action collective qui lui est associée.
L’habitat participatif est un modèle né durant les années 1970 dans les pays scandinaves. Le mouvement a décliné pendant les années 1990 mais, depuis les années 2000, il a retrouvé un regain d’intérêt (Tummers, 2016). Son retour est observé dans de nombreux pays européens car ce mode de production offre certaines réponses aux problématiques actuelles de la production du logement. En effet, face aux besoins en logements, l’habitat groupé et l’autopromotion collective représentent une alternative intéressante en vue de produire des logements bons marchés dans un contexte de crises (Tummers, 2016).
Dans une précédente recherche (Dethier & Halleux, 2019), l’analyse d’études de cas a illustré la complexité de la mise en place de tels projets. Ces analyses mettaient en avant l’ingénierie nécessaire pour leur encadrement, l’expertise indispensable pour se familiariser avec les outils ad-hoc et l’importance de la coopération entre les habitants.
Pour cette présentation, nous avons testé deux attitudes critiques dans la production d’habitat participatif : la confiance dans un accompagnateur et la coopération dans un projet. Parallèlement à ces expériences, une enquête a été réalisée afin d’étudier la perception de l’habitat groupé à travers les différents pays pris en compte.
Nous avons réalisé ces expériences entre janvier 2018 et juin 2018. Des étudiants ont été contactés par mail et ont participé via une plateforme en ligne. 580 étudiants ont participé à ces expériences. Les deux expériences, aussi appelées jeux, sont inspirées d’expériences connues et régulièrement jouées en économie expérimentale.
La première expérience est un jeu portant sur la confiance. Il est inspiré d’un jeu de Berg, Dickhaut et McCabe (1995). Nous avons étudié la confiance envers des accompagnateurs de groupes développant un habitat participatif. Pour ce faire, le jeu a donc été appliqué dans différentes versions pour disposer de données sur différentes compositions (accompagnateur ou copropriétaire). Nous avons mis en avant les différences de confiance entre un consultant et un copropriétaire, différences qui concordent avec l’analyse de la méfiance envers des personnes extérieures au projet (Devaux, 2015). Ce résultat est aussi en accord avec les résultats de l’économie expérimentale puisque les personnes ont tendance à faire plus confiance à quelqu’un provenant d’un même groupe (Tanis & Postmes, 2005).
La deuxième expérience porte sur l’attitude de coopération. Nous nous sommes inspirés du jeu de l’effort minimum (Van Huyck, Battalio, & Beil, 1990) et avons étudié la coopération dans un groupe développant un habitat participatif. Pour l’ensemble des pays étudiés, le niveau de coopération est relativement élevé. De plus, l’échantillon belge se comporte de manière relativement similaire à l’échantillon du nord de l’Europe. Les participants français sont légèrement moins coopérants.
Nous avons complété ces jeux par une enquête. Cette enquête avait pour objectif d’étudier les différences de perception et d’acceptabilité de l’habitat groupé. Les répondants belges connaissent peu le concept l’habitat participatif. Alors qu’en Belgique seulement la moitié des répondants disent connaitre le terme d’habitat participatif, ils sont plus de 60 % en France et dans le nord de l’Europe à connaitre le concept. De plus, nombreux sont ceux qui ont une image erronée. Le concept d’habitat participatif est complexe car il regroupe à la fois une forme d’habitat mais aussi un mode de vie (Williams, 2008). Dans nos échantillons, les répondants sous-estiment l’importance de l’espace privatif et l’indépendance que l’on peut avoir dans un habitat participatif. La divergence de compréhension entre les pays peut s’expliquer par les différences de politiques publiques. De plus, les exemples sont aussi plus nombreux dans des pays comme l’Allemagne, les Pays-Bas ou la Norvège. En termes de préférences résidentielles, des différences entre les pays sont observables. Les participants des pays du nord de l’Europe sont ceux qui trouvent le plus acceptable de partager un espace vert et sont les moins enclins à partager une pièce du logement. 20 % de l’échantillon français acceptait volontiers de partager une pièce, ce qui est largement supérieur aux autres pays. Les Belges sont les plus réticents dans la vie collective.
Grâce aux expériences réalisées nous avons pu mettre en avant des attitudes utiles dans le développement de l’habitat participatif. Les jeux sur la confiance et la coopération ont montré des différences de comportements entre les pays. Toutefois, les résultats où les différences sont les plus marquées sont liés à l’enquête sur la connaissance et les préférences résidentielles. Ce serait donc sur cette composante qu’il faudrait travailler si l’on souhaite développer l’habitat participatif. Pour les experts interrogés par Williams (2008), une meilleure clarté du concept est nécessaire pour la diffusion de l’habitat participatif. Une stratégie marketing plus offensive et plus de modèles faciliteraient l’expansion (Williams 2008). De fait, les attitudes des acteurs et la compréhension peuvent évoluer. Toutefois, les résultats de notre enquête montrent qu’un pourcentage non négligeable (autour des 5 %) de nos échantillons est favorable à l’idée de participer à un projet d’habitat participatif pour ainsi générer de nouvelles coutures dans l’urbain.
Lepur : Centre de Recherche sur la Ville, le Territoire et le Milieu rural
Researchers
http://hdl.handle.net/2268/237191

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