Reference : Mécanismes collectifs et hétérogénéité rhétorique de la revue Multitudes
Scientific congresses and symposiums : Unpublished conference/Abstract
Arts & humanities : Philosophy & ethics
Arts & humanities : Languages & linguistics
Arts & humanities : Literature
http://hdl.handle.net/2268/234098
Mécanismes collectifs et hétérogénéité rhétorique de la revue Multitudes
French
Franck, Thomas mailto [Université de Liège - ULiège > Département de langues et littératures romanes > Sciences du langage - Rhétorique >]
Nov-2019
Yes
No
Colloque "La littérature contemporaine au collectif. Contemporary literature and collectives"
Du 21 au 22 novembre 2019
Anthony Glinoer et Michel Lacroix
Sherbrooke
Canada
[en] Revue intellectuelle ; Multitudes ; Réseau ; Collectif ; Théorie critique
[en] Partant du constat ambivalent d’une dilution de la pratique revuiste telle qu’elle fut instituée dans le courant du XXe siècle – ce qu’Olivier Corpet appelle l’« âge d’or des revues » (Corpet 1988) – et d’un regain d’intérêt pour des objets appartenant désormais au patrimoine intellectuel (comme en témoignent le dictionnaire de Curatolo 2014, le numéro de Mémoire du livre codirigé par Lacroix et Martel 2012 ainsi que la création de la Revue des revues en 1987), notre communication vise à interroger l’actualité éditoriale des revues intellectuelles contemporaines dans leur rapport à la littérature au sein de l’espace francophone. Le corpus étudié est restreint au format papier, en tant qu’il exprime le besoin de perpétuer la tradition de la revue imprimée, tout en problématisant la nouvelle évidence du support numérique. La période considérée sera, pour cette raison, comprise entre les années 2000 et 2020, qui correspondent à la progressive massification de l’accès à Internet. Au sein de cette période, le corpus se définit dans un premier temps par la négative : il ne s’agit pas de traiter de revues savantes liées au monde académique, ni de magazines ou mooks distribués massivement en kiosques ou en librairie, ni encore de revues d’art spécialisées (poésie, arts graphiques, etc.). La définition positive du corpus correspond au périmètre des « revues intellectuelles », qui rassemble les critères suivants : 1° une articulation de questions philosophiques à des œuvres de création (littéraire et graphique) ; 2° un ancrage explicite dans les enjeux de la réalité politique et sociale contemporaine ; 3° une réflexivité critique sur les conditions matérielles de possibilité de l’activité intellectuelle collective et sur son historicité. Les deux dernières décennies ont vu la création, dans la seule sphère francophone, d’au moins une vingtaine de titres correspondant à cette définition : Multitudes (2000), Anartiste (2001), Inculte (2004), La Mer gelée (2004), Dé(s)générations (2005), Tina (2008), Les Nouveaux cahiers pour la folie (2011), Attaques (2012), Nawak (2013), Papier machine (2014), La Revue du Crieur (2015), Demain les flammes (2016), Dérivations (2017), Zilsel (2017), Mâtin (2018), TXT 32 (2018) et Prismes (2018).
L’objectif de notre communication sera de réaliser une étude sociodiscursive et une analyse des mécanismes collectifs de l’une de ces revues – en l’occurrence Multitudes – afin de dégager les singularités rhétoriques et argumentatives constitutives d’un groupe plus ou moins cohérent. Cette étude sociodiscursive se centrera tout particulièrement sur le fonctionnement rhétorique de topoï interdiscursifs contemporains, tels que « la dilution du littéraire », « la marchandisation de l’art », « la sortie du capitalisme », « la transition écologique », le rapport entre « la question postcoloniale » et « la question migratoire » ou encore « la révolte des gilets jaunes ». Ces formules – typiques de revues telles que Multitudes, Inculte, Tina, Dé(s)générations, Anartiste ou la Revue du Crieur – véhiculent des idéologèmes forts et suscitent des effets d’adhésion ou de rejet très structurants dans l’imaginaire social contemporain. En interrogeant explicitement le rapport de la pensée au réel et en mobilisant une attitude critique envers celui-ci, elles offrent des prises idéales à un retour d’une pensée critique collective. L’analyse sociodiscursive du corpus revuiste contemporain met en évidence la reprise d’un geste théorique et critique, qui accentue le rôle de la création culturelle comme espace d’une critique des formes sociales instituées.
Afin de définir les logiques groupales qui sont à l’œuvre au sein de ces revues, il sera nécessaire de réaliser conjointement une série d’enquêtes relatives au fonctionnement éditorial et aux délimitations des réseaux qui s’y constituent. Ces enquêtes permettront de réaliser un panorama des profils sociologiques constituant la production discursive de la revue Multitudes tout en délimitant ses stratégies et ses mécanismes collectifs propres. Dans le cadre d’une analyse sociodiscursive de la production revuiste, la cohabitation d’intellectuels et d’auteurs issus d’horizons divers nous obligera à interroger l’hétérogénéité rhétorique ainsi que les récurrences définitoires d’une appartenance à un collectif réuni autour d’une même revue. Il n’est bien entendu nullement question de réduire les productions individuelles et collectives à quelques unités topiques, mais au contraire de dégager l’hétérogénéité et le dialogisme constitutifs des mécanismes collectifs à l’œuvre au sein des revues et de leur traduction en discours. L’objectif est de comprendre la singularité du discours intellectuel contemporain véhiculé dans plusieurs revues intellectuelles, qui constituent une formation discursive détenant ses structures rhétoriques, ses idéologèmes, ses stratégies éditoriales et ses logiques collectives.
http://hdl.handle.net/2268/234098

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