Reference : Faire face à l’incertitude du monde. Pratiques diplomatiques et identité politique du...
Dissertations and theses : Doctoral thesis
Arts & humanities : History
http://hdl.handle.net/2268/231161
Faire face à l’incertitude du monde. Pratiques diplomatiques et identité politique du Saint-Siège à l’épreuve des paix de Westphalie (1639-1651)
French
Regibeau, Julien mailto [Université de Liège - ULiège > Département des sciences historiques > Histoire moderne >]
22-Mar-2019
Université de Liège, ​Liège, ​​Belgique
Diplôme de docteur en Histoire, Histoire de l'Art et Archéologie
488
Delfosse, Annick mailto
Demoulin, Bruno mailto
Soen, Violet mailto
Braun, Guido mailto
Giordano, Silvano mailto
[fr] Papauté ; Diplomatie ; Paix de Westphalie ; Fronde ; Chrétienté ; Europe ; Histoire culturelle ; Histoire pragmatique ; Développement de l'Etat moderne ; Nonces apostoliques
[fr] Ma thèse est fondée sur une double question : quelle influence l’Europe des congrès de Westphalie exerce sur la reconfiguration diplomatique et politique de la papauté et quelle est la part des ambassadeurs du Saint-Siège – les nonces apostoliques – dans cette construction ? Cette problématique procède de l’uniformité interprétative que les historiens tendent à proposer des paix de Westphalie (1648), évènement majeur qui met fin à la guerre de Trente Ans (1618-1648). De manière générale, la signature des traités acterait l’effondrement de la chrétienté médiévale et conduirait à la naissance de l’Europe des États modernes. En bouleversant le modèle des relations diplomatiques, un tel processus serait à l’origine de la décadence diplomatique de la papauté et de l’échec à long terme du modèle politique romain. Le bref de protestation Zelo Domus Dei, publié par le pape Innocent X en 1650 pour condamner toutes les parties des traités qui contreviendraient aux intérêts du Saint-Siège et de l’Église catholique, en constituerait la preuve la plus évidente. Prenant le contre-pied de cette interprétation, j’ai interrogé les représentations que les nonces apostoliques construisent des congrès de Westphalie et des paix qui suivent afin de voir comment celles-ci influent sur les pratiques diplomatiques et l’identité politique de Rome.
Pour ce faire, j’ai étudié les correspondances échangées entre la secrétairerie d’État romaine et les nonces en poste à Madrid, Paris, Bruxelles, Münster et Vienne entre 1639 et 1651. À travers les cinq chapitres qui composent le travail, j’ai cherché systématiquement à décaler le regard afin de montrer à quel point Rome propose une compréhension multiple des paix de Westphalie et de son rôle dans le monde qui s’annonce. J’ai commencé tout d’abord par modifier l’échelle de l’analyse en étudiant les correspondances des nonces apostoliques comme les productrices des normes et des écarts qu’elles mettent en texte. Sur base de cette nouvelle herméneutique, j’ai ensuite relativisé l’impact des paix de Westphalie sur leur actualité géopolitique en montrant qu’à la fin de l’année 1648, l’Europe est encore traversée par les conflits et que cette situation de crise conditionne les regards que les ambassadeurs romains jettent sur les traités signés. Troisièmement, j’ai voulu défataliser la protestation pontificale en montrant qu’elle n’est pas le résultat inévitable d’un siècle d’intolérances religieuses mais qu’elle se construit au contraire de façon heurtée, dans l’urgence des négociations de Westphalie, et s’autorenforce au travers de processus socio-politiques identifiables. Dans la quatrième partie, ensuite, j’ai insisté sur la pluralité des jugements que les nonces apostoliques portent sur les paix d’Allemagne au moment de leur survenue. Dans la cinquième partie, enfin, j’ai envisagé que l’attitude de rejet dont la diplomatie pontificale témoigne vis-à-vis des traités de Westphalie s’explique pour partie par le transfert des espoirs romains vers un autre terrain de négociations : celui, éphémère, qui se met en place entre la France et la monarchie espagnole durant l’été 1648, en vue d’entrainer la signature rapide de la paix entre les deux couronnes catholiques.
De cette analyse il ressort qu’au milieu du XVIIe s. la papauté, bien que mise en tension par les évènements, n’est pas exclue ou déclassée par les autres États européens. Au même titre que nombre de leurs contemporains, les diplomates romains construisent au fil de leurs lettres l’image d’un monde dominé par les conflits auquel les paix de 1648 n’arrivent pas à apporter de réelle solution. Ces représentations leur permettent en retour de régénérer triomphalement la légitimité de leur institution en insistant sur la constance dont celle-ci fait preuve au milieu de la tempête, signe manifeste de sa proximité avec la Vérité divine. Cette thèse m’a donc permis d’apporter une réponse originale à la problématique du passage de la chrétienté à l’Europe à partir de l’étude du rôle charnière que joue la papauté dans ce processus.
Transitions (Département de recherches sur le Moyen Âge tardif & la première Modernité) - Transitions
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http://hdl.handle.net/2268/231161

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