Reference : Analyse comparée des chaines de valeur du riz dans la plaine de la Ruzizi de la Commu...
Dissertations and theses : Doctoral thesis
Life sciences : Agriculture & agronomy
http://hdl.handle.net/2268/215183
Analyse comparée des chaines de valeur du riz dans la plaine de la Ruzizi de la Communauté Economique des pays des Grands Lacs (CEPGL)
French
[en] Comparative analysis of rice value chains in the Ruzizi Plain of the Economic Community of the Great Lakes Countries (CEPGL)
Furaha Mirindi, Germaine mailto [Université de Liège - ULiège > > > Gembloux Agro-Bio Tech]
23-Oct-2017
Université de Liège, ​Liège, ​​Belgique
Docteur en sciences agronomiques et ingénierie biologique
212
Lebailly, Philippe mailto
Mastaki Namegabe, Jean-Luc mailto
Fauconnier, Marie-Laure mailto
Burny, Philippe mailto
Michel, Baudouin mailto
Dogot, Thomas mailto
Walter, Bernhard mailto
[fr] Plaine de la Ruzizi, ; chaine de valeur du riz ; Burundi, RDC, Rwanda
[en] Ruzizi Plain ; rice value chain ; Burundi, DRC, Rwanda
[fr] La présente thèse réalise un diagnostic comparé de trois chaines de valeur du riz dans la plaine de la Ruzizi partagée entre trois pays de la Communauté Economique des Pays de la Grands Lacs (CEPGL) à savoir le Burundi, la République Démocratique du Congo (RDC) et le Rwanda. Les trois chaines de valeurs sont appréhendées à travers des études menées dans la Plaine de l’Imbo pour le Burundi, au sein de la Plaine de la Ruzizi pour la RDC ainsi que dans la Plaine de Bugarama pour la chaine de valeur rwandaise. L’analyse a consisté à auditer le contexte dans lequel la riziculture est conduite (c’est-à-dire les politiques ainsi que les services d’appui auxquels ont accès les acteurs le long de la chaine de valeur), à analyser la performance économique de ces trois chaines de valeur et à identifier les facteurs pouvant favoriser le développement d’une chaine de valeur à potentiel régional. L’étude a privilégié l’approche terrain qui a permis de réaliser des investigations sur une période de 3 ans (de 2013 à 2015). La collecte des données a porté sur un échantillon de 228 acteurs repartis de manière équitable entre les trois pays et a combiné plusieurs techniques à savoir, des enquêtes directes auprès des acteurs (les producteurs, les transformateurs, les collecteurs, les commerçants grossistes et les détaillants), les interviews avec les différentes structures d’appui et services étatiques, les discussions focalisées avec des groupes de producteurs et représentants de leurs Organisations Paysannes.
L’analyse de l’environnement de ces trois chaines de valeur du riz a mis en relation les politiques mises en œuvres dans chaque pays et l’accès par les acteurs directs à certains facteurs de production et services tels que la terre, l’eau, le crédit, l’utilisation d’intrants. Elle a également mise en évidence la question de la main d’œuvre salariale et les différents rôles qu’elle joue dans le secteur. Il s’observe que la politique foncière dans la plaine de Bugarama au Rwanda a permis de réduire à plus de la moitié le coût d’accès à la terre comparativement à la situation au Burundi et en RDC. Les limites du système foncier à Bugarama au Rwanda dans une approche de promotion des innovations entrepreneuriales se traduisent par les difficultés d`accroissement de la taille des exploitations (la superficie cultivée est de 0,23ha). Malgré le coût relativement élevé lié à l’accès et à la gestion de l’eau, la totalité des parcelles rizicoles ont accès à l’eau d’irrigation au Rwanda alors que le manque d’organisation et de bonne gestion de l’eau est l’un des facteurs à la base d’un faible rendement au Burundi et en RDC où respectivement 25% et 40 % des parcelles rizicoles peinent à accéder à l’eau.
L`accès au financement demeure une contrainte majeure commune aux trois pays même au Rwanda où les services financiers sont disponibles. Les riziculteurs ayant accès aux crédits formels représentent une maigre portion de 8% (au Burundi), 10% (en RDC) et 37,5% (au Rwanda). Des contraintes liées à la disponibilité en main d’œuvre sont réelles dans les systèmes de production sous étude. En effet, la RDC est la zone déficitaire en main d’œuvre salariale à cause de l’exode rural et de la diversité d’activités économiques. 60% de la main d’œuvre rizicole utilisée dans la partie congolaise de la plaine est étrangère. 46% de cette main d`œuvre provient du Burundi et 14% vient du Rwanda. Cette mobilité de la main d’œuvre entraine des transferts de technologies, l’approvisionnement en intrants à moindre coût. Il joue également un rôle important dans la consolidation de la cohésion sociale dans un contexte post conflit.
L’analyse économique de trois chaines de valeur révèle des coûts de production très élevés variant entre 292 et 388 USD/tonne amenuisant ainsi des perspectives de compétitivité internationale. Les coûts les plus élevés sont observés en RDC où paradoxalement se note une meilleure performance financière des acteurs. Au Rwanda où le riz est plus compétitif en termes de coûts de production, les producteurs sont soumis à des normes et restrictions (variété à cultiver, types de clients à qui vendre la production, prix de vente, etc.) qui influencent sensiblement leur performance.
Les tests statistiques réalisés sur certains paramètres identifiés par l’analyse financière confirment l’inefficacité des politiques de subvention d’intrant et de financement agricole. En effet, il n’y a pas de différences significatives des moyennes entre les riziculteurs bénéficiant de ces politiques et ceux qui n’en bénéficient pas. Paradoxalement, les analyses statistiques révèlent que les riziculteurs qui ne subissent pas de politique de fixation de prix (ils ne sont pas preneurs de prix) ont une bonne performance financière en termes de revenus.
Les trois zones étudiées sont complémentaires en termes de potentiels de développement. Des structures régionales favorables à la chaine de valeur régionale devront être relancées ou renforcées dans une logique de développement de la riziculture dans la plaine de la Ruzizi.
[en] This thesis aims at carrying out a comparative study of three rice value chains in the Ruzizi plain shared between three countries of the Economic Community of the Great Lakes Countries (CEPGL) namely Burundi, the Democratic Republic of Congo and Rwanda. These include the Burundi rice value chain (Imbo Plain), the Congolese rice value chain (Ruzizi Plain) and the Rwandan rice value chain (Bugarama Plain). The diagnostic analysis was about analyzing the rice-farming environment (ie policies and support services accessed by actors along the value chain), analyzing economic performance of these three value chains and to identify the factors that may foster the development of a value chain with a regional potential. For this purpose, the study adopted the field approach, which allowed carrying out investigations during three years (2013 to 2015). The data collection process involved a sample of 228 actors distributed equitably among the three countries. It combined several techniques, namely, direct stakeholder surveys (producers, processors, collectors, wholesalers and retailers), interviews with various support structures and state services, focus group discussions with producer groups and representatives of their organizations.
The analysis of these three value chains driving conditions linked the policies implemented in each country and the access by the actors to certain production factors and services such as land, water, credit and the use of inputs. It also highlighted the issue of wage labor and its different roles in the sector. The analysis shows that land policy in Bugarama plain in Rwanda has reduced the cost of land to more than half compared to land costs in Burundi and the DRC. Moreover, this policy is accused by the producers of Bugarama of limiting their entrepreneurial innovations since they can not enlarge their farms (the cultivated area is 0.23 ha). Despite the high cost of water access and management, all rice plots access irrigation water in Rwanda, while the lack of organization and good water management is one of the factors behind low yields in Burundi and the DRC, where 25% and 40% of the rice plots have difficulties in accessing water. Regarding access to agricultural credit, the results reveal that the value chain of rice in the three countries experiences the lack of funding in spite of improvements observed in Rwanda. The rate of access to credit is 17.5% (in Burundi), 16% (in DRC) and 52.8% (in Rwanda), and among them rice farmers with access to formal credits account for only 8% (in Burundi), 10% (in the DRC) and 37.5% (in Rwanda).
Analysis of the wage labour force shows that labor is not as widely available as was thought in the study area. Indeed, the DRC is the zone of deficit in wage labor due to the rural exodus and the diversity of economic activities. In the DRC, 60% of the rice workforce used is foreign, including 46% from Burundi and 14% from Rwanda. This mobility of the workforce leads to technology transfers, the supply of inputs at lower cost, but also to consolidate the social cohesion in a post-conflict context. The economic analysis of these three value chains reveals that production costs in the study area remain very high, varying between 292 and 388USD per ton. The highest costs are observed in the DRC where paradoxically there is a better financial performance in terms of profit and added value.
The statistical tests carried out on certain parameters identified by the financial analysis undermines the policies regarding the inputs subsidies, agricultural financing and fixing sales prices. Indeed, there are no significant differences between the means of rice farmers who benefit from these policies and those who do not. Paradoxically, statistical analyzes reveal that rice farmers not affected by the pricing policy (they are not price takers) have a good financial performance in terms of income.
The three studied areas are complementary in terms of the development potentials of a regional value chain. Indeed, Rwanda has modern underutilization peeling plants that are capable of responding almost entirely to the needs of the whole plain. In addition, Burundi and the DRC should develop land and water potentials to increase production. Several other regional structures in favor of the regional value chain have to be relaunched or strengthened in logic of rice development in the Ruzizi plain. These include the benefits of economic integration of the CEPGL countries.
Brot-fuer-die-welt (Pain pour le Monde)/Allemagne
Researchers ; Professionals ; Students ; General public ; Others
http://hdl.handle.net/2268/215183

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