Reference : La Coopération au Développement répond à l’impact de la crise financière et économiqu...
Reports : Expert report
Business & economic sciences : International economics
http://hdl.handle.net/2268/140808
La Coopération au Développement répond à l’impact de la crise financière et économique sur les pays africains à bas revenu – Etude de cas du Sénégal
French
Paul, Elisabeth mailto [Université de Liège - ULiège > Institut des sciences humaines et sociales > Sociologie du développement >]
Faye, Ousmane mailto []
Apr-2009
Direction générale de Coopération au Développement
Bruxelles
[en] Crise financière et économique ; Sénégal
[fr] Il est désormais reconnu que les pays africains seront touchés par la crise financière et économique mondiale, et ce à travers plusieurs canaux de transmission. Au Sénégal, la crise "externe" intervient à un moment où l’économie est affaiblie par les conséquences des crises alimentaire et énergétique des deux dernières années, ainsi que par la crise "interne" des finances publiques qui en a (en partie) découlé. Dès lors, le gouvernement a très peu d’espace fiscal pour combattre les effets de la crise mondiale. Si aucune évidence chiffrée n’est encore disponible, les principaux canaux de contagion potentiels de la crise économique au Sénégal sont la réduction des transferts des migrants, le report ou l’annulation de projets d’investissement, ainsi qu’une réduction des exportations et des activités liées au tourisme. Une réduction importante des flux d’aide n’est par contre pas à craindre dans l’immédiat. Les principaux impacts qui découleraient de la crise sont la réduction de la croissance et de l’emploi, de même qu’un appauvrissement direct des ménages bénéficiant de moins de transferts des expatriés. En outre, la réduction des recettes publiques et l’augmentation des pressions sur le budget laissent craindre une augmentation du déficit budgétaire et/ou une réduction des dépenses publiques.
S’il n’y a aucune raison de s’alarmer des impacts de la crise mondiale dans l’immédiat, il convient toutefois de bien surveiller les différents canaux de contagion possibles, tout en continuant les efforts de plus longue haleine pour réduire la vulnérabilité structurelle de l’économie sénégalaise (développement intégré du secteur rural dans une perspective de réduction de la dépendance alimentaire, consolidation du tissu économique local), lutter contre la pauvreté et augmenter la protection sociale des plus vulnérables. Pour ce qui est du niveau conjoncturel, il n’existe pas encore de stratégie prête à l’emploi pour faire face aux impacts de la crise. Une révision des stratégies existantes, en particulier au niveau de l’amélioration de la sécurité alimentaire, de l’orientation de la croissance vers les pauvres (notamment par la création d’emplois formels et dans le monde rural) et de la protection sociale, s’imposent afin de fournir les bases à des actions cohérentes et ciblées de la part des partenaires. Vu le faible espace fiscal du gouvernement, une aide des donateurs et dans la mesure du possible, la captation d’autres sources de financement, seront donc nécessaires. Le secteur privé fait entièrement partie des stratégies de croissance du Sénégal, mais son potentiel est encore insuffisamment exploité. Un système de financement innovant pouvant être développé serait d’inciter les migrants à consacrer leurs transferts à des investissements productifs et/ou à de réelles fins de protection sociale à vocation plus universelle.
Les donateurs n’ont pas encore réagi de manière coordonnée à la crise "externe", mais avaient réagi assez unanimement à la crise "interne" qui a récemment frappé le Sénégal. Ils peuvent contribuer à atténuer les impacts de la crise et à réduire la vulnérabilité de l’économie tout en s’inscrivant dans les stratégies nationales, à la fois au niveau structurel (infrastructures rurales, gouvernance, extension de la sécurité sociale, etc.) et au niveau conjoncturel (« programme social d’urgence » de large échelle). Une augmentation de l’appui budgétaire est une piste intéressante, pourvu que le pays évite tout dérapage budgétaire, poursuive ses réformes de la gestion des finances publiques vers davantage de contrôles et de transparence, et renforce ses capacités de mise en œuvre des réformes et stratégies nationales. Quant à la coopération belge plus particulièrement, elle a intérêt à renforcer sa complémentarité avec les autres acteurs en bâtissant sur ses principales valeurs ajoutées que sont l’extension de la protection sociale (en particulier dans le domaine de la santé) et des interventions intégrées à plusieurs niveaux dans le domaine du développement rural.
Direction générale de la Coopération au Développement
Direction générale de la Coopération au Développement
http://hdl.handle.net/2268/140808

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