Reference : A propos des entités de la langue et du concept de l'arbitraire chez Ferdinand de Saussure
Scientific congresses and symposiums : Unpublished conference/Abstract
Arts & humanities : Languages & linguistics
http://hdl.handle.net/2268/137904
A propos des entités de la langue et du concept de l'arbitraire chez Ferdinand de Saussure
French
[en] On linguistic entities and concept of arbitrary in Ferdinand de Saussure
Sofia, Estanislao [Université de Liège - ULiège > Département de langues et littératures romanes > Sciences du langage - Rhétorique >]
22-Jun-2007
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Il y a dans les textes saussuriens – ou signés de son nom – deux applications différentes du terme système.

La première – la plus accessible, la plus répandue – des acceptions du terme système est corrélative du concept de valeur en ceci que le concept de valeur implique le concept de système : « …on est en face de la Valeur (ipso facto : système de valeurs, car toute valeur implique un système de valeurs) » (ELG : 332). L’ensemble des valeurs constitue le système et système signifie donc, dans cette première approximation, système de valeurs. Or, appliqué à la langue, ce concept de système dépend selon Saussure du concept de l’arbitraire :

[…] dans un ensemble de signes (…) Les principaux caractères sont : 1) Le caractère arbitraire du signe (…) ; 2) Valeur purement négative et différentielle du signe (…) ; 3) La valeur du signe est oppositive, et ne vaut que dans un système (…)
2) et 3) sont une conséquence nécessaire de 1). Il suffit de dire que les signes sont arbitraires. Il en résulte que ce ne sont que les différences qui importent. (Godel 1957a : 53 [cf. Komatsu 1997 : 8])

A ce niveau – on est au deuxième cours genevois – la langue est un système parce que le signe est radicalement arbitraire.

Confrontons maintenant ce passage avec celui-ci : « Une langue constitue un système (…) c’est le côté par lequel elle n’est pas complètement arbitraire et où il règne une raison relative » (Godel 1957a : 92 [cf. Engler 1219-1220 et Komatsu 1993 : 96])

On remarquera une différence essentielle : l’argument s’est inversé. Cette dernière proposition est introduite par Saussure à l’extrême fin de sa carrière universitaire, en juin 1911, parallèlement avec la notion d’arbitraire relatif. Il y a donc chez Saussure deux idées de système liées aux deux concepts d’arbitraire : absolu le premier, relatif le deuxième.

Je me propose montrer en quoi ces deux notions de système et ces deux notions d’arbitraire sont logiquement dépendantes d’une question que Saussure, tout en sachant qu’il s’agissait de quelque chose d’essentiel, n’a pas eu le temps de répondre : « Quelles sont les entités concrètes qui composent la langue ? » (Godel 1957a : 83 [cf. Engler 1686 B C D E et Komatsu 1993 : 78]) .

Je tiens donc à dire – voilà mon propos – que le concept de l’arbitraire n’est pas « épistémologiquement la notion centrale » (Mounin 1972 : 51) de la linguistique saussurienne (cf. Komatsu 1993 : 76 [=CLG : 443] et Amacker 1975 : 81 et passim), mais dépend logiquement de la réponse à cette question, dont la manière d’y répondre explique non seulement les différentes filières théoriques qu’à partir de Saussure se sont développées (fonctionnalisme, glossématique, etc.), mais donnera son cadre aux développements de l’avenir.
Yes
No
International
Colloque International "Révolutions Saussuriennes"
du 20 juin 2007 u 22 juin 2007
Université de Genève
Genève
Suisse
[en] Arbitrary ; system ; entity
Researchers ; Professionals ; Students ; General public
http://hdl.handle.net/2268/137904

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