[fr] L'identification de l'hypertension artérielle en tant que facteur de risque de morbidité et de mortalité cardio-vasculaire a notablement modifié l'attitude du corps médical dans le choix et la conduite du traitement antihypertenseur. Cette observation, associée à l'apparition d'antihypertenseurs mieux tolérés et d'un maniement plus facile, a incité à traiter des hypertensions de plus en plus légères. Le but de ce traitement n'est cependant pas de faire baisser la pression artérielle, mais de réduire la morbidité et la 'mortalité cardio-vasculaires. De
nombreuses études thérapeutiques publiées ces dix dernières années ont permis d'évaluer
l'efficacité de cette approche thérapeutique. Dans une première partie, nous résumerons les données cliniques et expérimentales concernant les relations entre hypertension et mortalité cardio-vasculaire; nous aborderons ensuite les conclusions des études thérapeutiques qui illustrent l'efficacité de la correction de la pression artérielle dans l'hypertension sévère et modérée, mais ne fournissent que des résultats assez ambigus concernant l'hypertension légère, variété clinique la plus fréquente. Cet échec relatif des drogues antihypertensives à influencer la morbidité et la mortalité cardio-vasculaires dans l'hypertension a entraîné un regain d'intérêt pour les traitements non pharmacologiques. La seconde partie est essentiellement consacrée à une revue des possibilités et des limites de ces traitements, dont les plus efficaces restent les mesures diététiques. Les grandes études thérapeutiques ont par ailleurs fait ressortir la difficulté de la définition même de l'hypertension artérielle. La mesure clinique de la pression artérielle est difficile en particulier en raison de la variabilité de ce paramètre. Cette difficulté à définir l'hypertension artérielle explique probablement en partie l'échec relatif du traitement antihypertenseur.,Beaucoup des patients traités ne sont en fait pas hypertendus. La dernière partie résumera notre expérience de l'enregistrement de la pression artérielle ambulatoire sur des périodes prolongées. Cette approche encore imparfaite, devrait améliorer notre définition du sujet hypertendu et ainsi permettre de mieux sélectionner le patient susceptible de tirer avantage
du traitement antihypertenseur. D'autres questions restent à l'étude et ne seront pas abordées dans cette réunion, par exemple l'importante question de savoir si certaines drogues sont plus efficaces que d'autres dans la prévention des complications cardio-vasculaires.
Disciplines :
Urology & nephrology
Author, co-author :
Rorive, Georges ; Université de Liège - ULiège > Département des sciences cliniques > Département des sciences cliniques