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Abstract :
[fr] Dans la dernière scène d'offrande de la paroi nord-est de la tombe de Roy (TT 255, Dra Abou el-Naga, fin de la 18e ou début de la 19e dynastie), un hiéroglyphe n'avait pas été reconnu depuis la publication de Baud et Drioton (1928). Ceux-ci y voyaient le signe 𓉻 (O29) au-dessus de deux coffrets et lisaient ꜥꜣ.wy, un mot « inconnu par ailleurs ». L'examen de l'original montre qu'il s'agit d'un signe composite : deux coffres suspendus à une barre de portage.
Un parallélisme entre le texte et l'image établit à la fois l'existence du signe et sa lecture. Derrière le prêtre-sem, sous une peau de léopard, la scène représente en effet le même assemblage, pièce par pièce. Le signe se lirait hn.w « coffres ». La séquence fꜣ.y-hn.w donne le titre « porteur des coffres (de son maître) », porté par Amenemky, en charge du culte funéraire de Roy.
Les parallèles iconographiques (stèle d'Ipou, TT 55, TT 162, vignette du chapitre 1 du Livre des Morts) rattachent en effet ces paires de coffres de type (e) à l'équipement portatif des officiants des rites funéraires, le sem et le prêtre-lecteur. L'un des deux coffres est alors régulièrement muni d'un vase ḥs.
La scène dans laquelle ce titre apparaît clôt une séquence de trois scènes d'offrande et fait face à l'Ouverture de la bouche. Elle se prête à une double lecture. Au premier niveau, elle documente l'équipement et le personnel du culte de Roy. Au second niveau, hypothétique mais plausible pour un public lettré, la représentation de l'assemblage évoquerait la régénération du défunt. La superposition de la peau de félin, de la barre à têtes d'Horus et du coffre hn pourrait en effet rappeler le mythe bubastite d'Horus-hekenu, enveloppé dans une peau puis placé dans le coffre-hn de Bastet. Ce mythe n'est attesté explicitement que par des textes tardifs.