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Abstract :
[fr] L'égyptologie a récemment beaucoup progressé sur l'apprentissage de l'écriture dans l'Égypte du Nouvel Empire : un curriculum d'apprentissage de la cursive, des rythmes de copie, des institutions, des lieux d'enseignement, une division du travail entre normes graphiques, et jusqu'à une théorie indigène du geste incorporé. Ce qui échappe encore largement, ce sont les canaux sociaux de la transmission — qui a appris à écrire auprès de qui —, car le paratexte des manuscrits ne parle que là où un scribe a voulu parler : une dédicace au maître ne permet pas de distinguer l'hommage de l'apprentissage effectif.
Cette communication propose d'intégrer dans la réflexion un indice de ces canaux : les mains et leurs similarités. Un colophon est une déclaration ; la main est un acquis de l'éducation du corps, un habitus (Ragazzoli 2019), soit l'état incorporé du capital culturel au sens de Bourdieu (1979). Dépassant l'identification paléographique de scribes individuels, il s'agit ici de la porter à l'échelle d'un corpus et d'en reformuler la question : la ressemblance des mains suit-elle la filiation ? L'hypothèse est éprouvée sur deux familles de Deir el-Médineh, sur deux siècles — celle de Pay à la XIXe dynastie, la constellation d'Amennakht à la XXe —, dont la comparaison permet d'interroger un possible changement de régime dans la transmission de l'écrit.
Event organizer :
Christophe Barbotin, Grégoire Nicolet, Véronique Pataï, Andréas Stauder