No document available.
Abstract :
[fr] Le mastic (gr. μαστίχη ; copt. ⲙ̅ⲁ̅ⲥ̅) et la myrrhe (gr. σμύρνα / στάκτη ; copt. ϣⲁⲗ / ⲥⲧⲁⲕⲧⲏ), reconnus pour leurs propriétés thérapeutiques, jouent un rôle central dans des rituels visant à soigner le corps humain. Dans la magie copte, par exemple, on recourt à leur fumigation contre l’éléphantiasis (PCM I 26, f. 16, 2), l’insomnie (I 26, f. 16, 27) ou les douleurs associées aux règles (I 36, 2). Cependant, puisque ces substances étaient également utilisées pour leurs vertus purement magiques, leur importance dépasse la sphère purement médicale.
À partir de l’analyse des Papyri Copticae Magicae (PCM), enrichie par des parallèles avec d’autres textes médicaux coptes tels que P.Méd.Copt. IFAO, nous explorerons les fonctions attribuées à ces résines et aux fumigations qui en dérivent. Ces pratiques seront examinées sous une double perspective : en tant qu’actes médicaux et en tant que rituels magiques. Un parallèle ultérieur sera établi avec la tradition grecque, où les résines odorantes occupaient une place essentielle tant dans les pratiques thérapeutiques (comme en témoignent Hippocrate, Dioscoride et Galien) que dans les rituels magiques recensés dans les Papyri Graecae Magicae (PGM).
En étudiant les continuités entre ces deux traditions et les éventuelles ruptures spécifiques au contexte copte, nous analyserons d’abord, d’un point de vue linguistique, la manière dont la fumigation est introduite dans les textes iatromagiques (PCM et PGM) ; puis, on mettra en lumière la perception de la fumée comme un vecteur symbolique, établissant un lien entre le corps humain et le divin. Cette recherche vise à enrichir notre compréhension des soins apportés au corps malade dans l’Antiquité tardive, tout en soulignant la transmission et l’adaptation des savoirs entre le monde gréco-romain et la culture copte.