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Abstract :
[fr] Peu après son accession à l’épiscopat dans le courant de l’été 920, l’évêque Hilduin de Tongres-Liège est entraîné dans un âpre conflit : Charles le Simple, roi de Francie occidentale et de Lotharingie, réclame sa destitution, l’accusant d’avoir accédé à l’évêché mosan en violation du droit canon, notamment grâce au soutien que lui aurait prêté le puissant aristocrate lotharingien Gislebert, en révolte contre l’autorité royale. Le conflit s’achève plusieurs mois plus tard avec la destitution d’Hilduin au profit de l’abbé de Prüm, Richaire, proche du roi Charles et issu du lignage lotharingien influent des Matfrid. De récentes études ont permis d’établir la régularité de la procédure de désignation d’Hilduin à l’épiscopat et de mieux cerner les enjeux stratégiques du conflit, en particulier les intérêts du roi Charles en vue de maintenir son autorité sur un siège épiscopal clé de la Lotharingie. Les stratégies et motivations poursuivies par les autres participants à la querelle – l’évêque déchu Hilduin, son soutien supposé Gislebert ainsi que le nouvel évêque Richaire – n’ont, quant à elles, pas fait l’objet d’un nouvel examen : on soutient ainsi généralement qu’Hilduin fut particulièrement proche et dépendant de Gislebert. Celui-ci serait le véritable acteur du conflit, qui serait surtout marqué par la poursuite de ses ambitions princières, si ce n’est royales. Par conséquent, Hilduin apparaît surtout comme une marionnette au service du comte lotharingien. Dans notre communication, nous voulons revenir sur le lien qui unit Gislebert et Hilduin, afin de déterminer leurs horizons d’action et intérêts respectifs dans la querelle. Dans un premier temps, nous situons les deux personnages sur l’échiquier politique à la veille du conflit, avant d’étudier le devenir de leur alliance au cours du conflit.