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Abstract :
[fr] Plusieurs stèles triadiques de Deir el-Medina représentent la déesse levantine Qadesh, nue et frontale, entre deux dieux masculins. Cette iconographie est souvent considérée comme une « anomalie » dans l'art égyptien, habituellement régi par la représentation de profil et une hiérarchie androcentrée. Cette communication interroge la nature de cette exception : reflète-t-elle une évolution sociale réelle ou un mirage archéologique ?
Dans un premier temps, l’analyse met en lumière la concentration quasi-exclusive de ces stèles à Deir el-Medina. Ce facteur introduit un biais de conservation majeur. Il invite ainsi à ne pas généraliser ce modèle à l’ensemble de l’Égypte du Nouvel Empire (1500-1000 av. n. è.). Dans un second temps, une étude comparée avec l’iconographie du Proche-Orient ancien est proposée. Dans cette région, la représentation frontale des déesses est un motif courant. Cette comparaison permet d’évaluer le degré de réinterprétation de ce schéma lors de son transfert en Égypte.
Enfin, la discussion porte sur les modalités d’intégration de la déesse Qadesh. Si l’emprunt levantin semble permettre de contourner temporairement les normes de genre égyptiennes, le maintien d’une structure triadique incluant des dieux masculins suggère une adaptation locale spécifique. Cette étude de cas illustre comment le croisement entre biais documentaire et influences culturelles étrangères complexifie la lecture de l’histoire sociale et du genre dans l’Antiquité.