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Abstract :
[fr] « Ma compagne m’a dit que j’avais de la chance, moi, d’avoir des suivis. Elle, elle a dû traverser tout ça sans aucune aide. » Cette phrase, souvent entendue par les intervenants accompagnant des auteurs d’infractions à caractère sexuel, est le point de départ d’une recherche-action autour d’un projet pilote dédié à leur entourage et conduit à Liège (Belgique). Si les recherches sur le désistement soulignent l’importance du soutien social dans les trajectoires de sortie de la délinquance (Maruna, 2011), peu d’initiatives concrètes s’adressent à l’entourage, malgré son rôle reconnu comme agent informel de soutien (Mercier et al., 2023). Les conjoints, parents ou enfants tentent pourtant de répondre aux besoins de leur proche, dans un contexte marqué par un manque de reconnaissance, de ressources et de soutien adapté (F-Dufour et al., 2024). Dans le cas spécifique de la délinquance sexuelle, la stigmatisation sociale et l’ostracisme accentuent encore l’isolement et la honte vécus par les auteurs et leur entourage (Yoder & Brown, 2015). Cette communication présentera les fondements et le cadre méthodologique de ce projet. Elle visera ensuite à rendre compte de la réalité de l’entourage rencontré via une étude de cas simple (Yin, 2018), notamment en mettant en lumière les besoins, ressentis et formes de soutien émotionnel, instrumental, informationnel ou normatif mobilisés ou attendus (McNeill et al., 2012). Enfin, une réflexion sera proposée sur les leviers concrets à activer pour favoriser la participation de ces proches, encore trop souvent absents des politiques de réinsertion et des processus de désistement.