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Abstract :
[fr] Dans les années 1970, Jacques Izoard (1936-2008) s’est affirmé comme un acteur central de l’avant-garde poétique en Belgique francophone. Homme de réseaux, revuiste, éveilleur de vocations, animateur inlassable de la vie culturelle liégeoise, Izoard œuvra toute sa vie à défendre ses cadets et à faire de sa ville natale un centre d’activité poétique majeur de la francophonie, tout en représentant à de nombreuses reprises la poésie belge à l’étrange.
Cet engagement humain ne doit pas occulter l’importance de son œuvre poétique. Forte de plus de cinquante titres, celle-ci a imposé un ton radicalement neuf dans la poésie belge francophone. Loin de l’esthétique néoclassique dominante dans l’après-guerre, elle conserve le goût surréaliste de l’image et des associations libres, tout en s’imprégnant des recherches sur le langage des avant-gardes françaises contemporaines. L’univers très personnel qui s’y déploie, entre obsession du corps et attachement à la réalité sensible, a exercé une profonde influence sur toute une génération.
Malgré ce pedigree imposant, Jacques Izoard demeure négligé par la critique universitaire. Seize ans après son décès, ce dossier entend, à travers des contributions qui envisagent les différentes facettes de sa personnalité en privilégiant tantôt l’angle socio-historique, tantôt l’angle poétique, poser de premiers jalons pour la connaissance et la redécouverte de cette figure singulière des Lettres belges.