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Abstract :
[fr] Le télétravail se développe fortement à partir de la crise du Covid de mars 2020. C’est alors le moment où de « nouveaux télétravailleurs » (Reboul et al., 2024) émergent, transformant alors la population de télétravailleur·euses : si elle reste composée de cadres, des professions intermédiaires et des personnes employées y accèdent également. C’est autour de cet accès et de son ouverture à des populations aux caractéristiques moins favorisées que cette communication propose de se centrer. De fait, l’accès à cette pratique répond à des logiques sociales : il ne suffit pas d’être salarié·e, de travailler en ayant recours aux outils numériques ni d’avoir envie d’en effectuer pour que cela advienne. Mon travail soulignera combien le télétravail est alors un miroir grossissant des inégalités au sein des structures professionnelles, les employeurs reproduisant une figure de cadre autonome alors qu’ils excluent certain·es professionnel·les de cette pratique. Ma communication s’ancrera particulièrement dans l’axe 2 de l’appel, sur l’accessibilité inégales de certaines pratiques d’articulation.
Cette proposition se fonde sur une enquête ethnographique de 3 années (2018-2021), réalisée à partir d’un contrat Cifre, au sein d’un groupe multinational au le siège social français. J’ai intégré une de ses filiales aux activités bancaires, à destination d’une clientèle professionnelle, spécialisée dans la conservation de titres financiers. Elle compte environ 3 000 salarié·es dans des locaux de proche périphérie de Paris, et d’autres au sein d’agences locales situées dans plusieurs pays du monde et trois pôles de délocalisation (Inde, Pologne, Portugal). J’ai effectué environ soixante-dix entretiens avec une cinquantaine de personnes travaillant dans cette structure.
Ma communication montrera d’abord les logiques d’inaccès au télétravail, en développant l’analyse de trois populations : les assistantes, les cadres des opérations, les salarié·es des sites de délocalisation. Les motifs qui précèdent alors à leur exclusion sont fondés sur les rapports sociaux, bien que les discours organisationnels renvoient à des logiques de sécurité informatique. Dans une seconde partie, la communication s’arrêtera sur ce que cet inaccès provoque, par contraste, à savoir la construction d’un télétravail reposant sur la figure d’un cadre homme, autonome, blanc : la confiance répond ainsi à des caractéristiques sociales.