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Abstract :
[fr] Nous étudierons la notion de « stéréotype » dans le cadre des discours de savoir. Ces discours ont notamment pour spécificité d’être pris pour objets de pratiques de commentaire et d’évaluation, susceptibles de mettre l’analyste sur la piste des stéréotypes. Les contextes de controverses scientifiques offrent une bonne occasion de cerner les stéréotypes en tant que procès d’énonciation fait à autrui. Deux cas d’étude seront envisagés. Le premier portera sur les « linguistic wars » qui ont désigné rétrospectivement les querelles propres à l’école générativiste dans les années 1960-1970. Nous verrons que c’est en partie dans ce jugement rétrospectif que réside la construction stéréotypisante des paradigmes en question. Le second portera sur la célèbre « Affaire Sokal », qui a mis aux prises les tenants d’une science « dure », et durement attachée à son rapport au réel, et ceux désignés comme les imposteurs de l’épistémologie post-moderne en vogue dans les sciences humaines des années 1980. À partir des commentaires qui ont accompagné cette affaire, nous examinerons les différentes idéologies mises en œuvre pour qualifier les relations entre « l’imitation » de Sokal et son « modèle » supposé, et tenterons d’y situer la place du stéréotype. En conclusion, nous proposerons une reprise théorique et problématisante du parcours antérieur, à la lumière des apports de Ruth Amossy et de Barbara Stiegler (dans sa lecture de Walter Lippman).