No document available.
Abstract :
[fr] Lorsqu’une infraction sexuelle éclate, les projecteurs se braquent sur l’auteur et la victime.
Pourtant, dans l’ombre, d’autres traversent la tempête : les proches de l’auteur. Parents,
conjoints, enfants ou amis portent alors le poids du choc, de la honte et du silence, souvent sans accompagnement ni espace de parole. Ils deviennent malgré eux les soutiens de celui ou celle qui a commis l’acte, tout en aArontant leur propre désarroi.
Cette recherche-action s’intéresse à ces soutiens oubliés, à leurs besoins émotionnels,
relationnels et pratiques, mais aussi à leur diAiculté à demander de l’aide dans un contexte de forte stigmatisation (Yoder & Brown, 2015). Comment continuer à soutenir lorsqu’on se sent soi même rejeté ? Comment exister dans un système qui reconnaît l’auteur et la victime, mais rarement l’entourage ? Peu d’initiatives concrètes s’adressent à ces proches, malgré leur rôle reconnu comme agents informels de soutien dans les trajectoires de désistement (F.-Dufour et al., 2018 ; Mercier et al., 2023).
Menée dans le cadre d’un projet-pilote d’accompagnement des proches d’auteurs de violences sexuelles, cette étude adopte une approche qualitative par études de cas multiples (Yin, 2017). Elle vise à identifier les formes de soutien mobilisées ou attendues, et à dégager des pistes concrètes pour un accompagnement adapté (McNeill et al., 2012).
Au-delà des réponses institutionnelles, cette communication invite à reconnaître la place des proches dans les processus de désistement : non plus comme des témoins silencieux, mais comme des acteurs à part entière, à la fois ressources du changement et êtres humains en quête de reconnaissance et de soutien.