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Abstract :
[fr] A une époque où hausse de la consommation de drogues et discours politiques répressifs reviennent en force dans le débat public (Colledge-Frisby et al., 2023; The Lancet Global Health, 2025; UNODC, 2024), les politiques de réduction des risques se trouvent sous tension entre des logiques sanitaires et sécuritaires. En Belgique, plusieurs tournants législatifs (1921, 1975, 1990, 2003) ont redéfini la gestion publique des drogues, entre approche médicale et pénale. Ces deux registres d’action publique, loin d’être opposés, s’articulent pour justifier la répression au nom de la protection de l’usager et de la société.
Si les évolutions législatives sont bien documentées, les dynamiques discursives qui les accompagnent restent peu explorées. Cette communication propose de se concentrer sur le dernier tourant législatif identifié (2003), et d’analyser, à l’aide d’outils lexicométriques (Iramuteq, Lexico 5), l’évolution des discours parlementaires belges relatifs aux drogues pour la période 2000-2025. Sur la base d'un recueil de 200 textes législatifs, comprenant les propositions de loi, projets de lois, notes de politique générale, et rapports de commissions des 7 législatures de la période, elle vise à objectiver les univers lexicaux dominants, c'est-à-dire des ensembles de mots agglomérés chacun autour d'une thématique ou d'un champ sémantique. Empruntant une démarche méthodologique se situant à mi-chemin entre l'analyse quantitative et qualitative, cette contribution vise à identifier les logiques idéologiques et normatives qui orientent les politiques publiques amenées à définir et redéfinir les notions mouvantes de soin, de contrôle, de normalité, et de déviance et à comprendre la relation complexe entre savoir scientifique et décision politique.