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Abstract :
[fr] S'intéresser à la rencontre entre la philosophie de Derrida et les architectes anglo-américains des années 1980, c'est aussi se rendre attentive à un phénomène d'invention d'une nouvelle pratique du théorique en architecture ; à un large phénomène d'importation, réappropriation et transformation de la philosophie française par ce qui se ré-invente comme "théorique" (Cusset 2005). En architecture, ces transformations récentes dans la fabrique des discours ont donné lieu à ce qu'on appelle désormais "architectural theory", mais l'histoire de cette réinvention discursive et pratique est souvent mal ou peu connue dans le milieu architectural francophone. Dans l'article présenté ici, il est question de reconvoquer et recomposer ce morceau d'histoire récente à partir de la traduction inédite en français d'un essai considéré comme symptomatique de ce phénomène de réappropriation du philosophique en architecture, Derrida's Haunt de Mark Wigley (1992). La traduction, ou plus précisément l'acte de traduire (Berman 2008) y est donc proposé comme un mode d'enquête non pas sur mais avec cette histoire spécifique, ouvrant la discussion sur ses effets et poursuites possibles. Il est évident que les pratiques théoriques qui se sont formées au contact de la philosophie française (dite post-structuraliste) sont aujourd'hui épuisées, usées. Mais à présent s'ouvre un chantier pour l'expérimentation d'autres formes, de nouveaux rapports entre la pratique et le théorique en architecture, et la philosophie peut encore participer à ce travail de ré-invention.
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