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Abstract :
[fr] Valentin Feldman, né en 1909 à Saint-Pétersbourg, arrivé en 1923 à Paris et mort sous les balles allemandes le 27 juillet 1942 est une figure oubliée du contingent de ceux que Jean-François Sirinelli désignait naguère comme « la génération intellectuelle » formée durant l’entre-deux-guerres. Son cas est particulier car, comme son biographe Pierre-Frédéric Charpentier l’a parfaitement mis en exergue, il est l’auteur méconnu d’une formule édifiante passée quant à elle à la postérité et restée dans la mémoire collective : « Imbéciles, c’est pour vous que je meurs ! » lancée par Feldman juste avant de mourir sous les balles du peloton d’exécution, sur le mont Valéryen, un mois après que Georges Politzer eut lui-même connu le même destin tragique. Mais tandis que les écrits philosophiques de Politzer ont pu être relayé après la Libération, dans un espace théorique déterminé par la rencontre du marxisme et de la phénoménologie existentielle, que ce soit chez Merleau-Ponty d’abord ou chez Althusser ensuite, la pensée de Feldman n’a quant à elle pas trouvé le temps ni l’espace pour se déployer. Et pourtant, la lecture de son Journal de Guerre publié en 2006 nous offre des pages dignes d’intérêt, avec des réflexions, certes inchoatives, mais à la croisée de l’esthétique, du matérialisme dialectique et de la philosophie de l’existence
Title :
Fantastique, conscience et existence chez Valentin Feldman (1909-1942), contemporain et lecteur d’un Sartre en devenir