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Abstract :
[fr] Les dermatophytoses sont les mycoses cutanées les plus fréquentes, touchant aussi bien les humains que les animaux à l'échelle mondiale. L'augmentation des résistances des dermatophytes aux agents antifongiques constitue un problème de santé publique majeur, ce qui rend essentiel une meilleure compréhension de la pathogénie des dermatophytoses. Les dermatophytes sont capables de passer d'un mode de vie saprophyte à un mode parasitaire en reprogrammant leur expression génique, comme cela a été démontré pour Trichophyton benhamiae chez le cobaye. Il est donc crucial de disposer de modèles animaux fiables pour étudier cette infection.
Notre objectif était de développer un modèle murin robuste et pertinent pour étudier les relations hôte-pathogène au cours de dermatophytoses pour plusieurs espèces fongiques, en prenant T. benhamiae et T. mentagrophytes comme espèces de référence. L'utilisation d'un inoculum spécifique et standardisé, constitué d'un mélange de spores, de tubes germinatifs et de mycélium, a permis d'induire et de reproduire les conditions naturelles d’une infection cutanée superficielle chez la souris, avec une invasion de l'épiderme de surface par des hyphes et une infiltration inflammatoire épidermique et dermique par des cellules mononuclées et polymorphonucléaires. La gravité et la persistance des lésions, ainsi que l'optimisation de la méthode d'extraction de l'ARN murin et fongique, nous ont permis d'évaluer l'expression de quelques marqueurs d'infection. Tandis que l'infection induit une surexpression précoce de gènes pro-inflammatoires spécifiques de la souris, plusieurs gènes fongiques sont également surexprimés, notamment ceux codant pour certaines subtilisines (SUB) identifiées comme facteurs de virulence potentiels, telles que SUB3 et SUB6. Grâce à ce modèle murin optimisé, nous avons également pu explorer le rôle de la subtilisine SUB6 dans la virulence de deux espèces de Trichophyton via la génération de souches invalidées pour le gène SUB6. Bien que ce gène ne soit pas indispensable au développement de l'infection par T. benhamiae, des mécanismes de compensation d’expression entre gènes de la même famille des subtilisines ont été observés chez T. mentagrophytes.
Ainsi, notre modèle murin constitue un outil puissant pour l'étude de la physiopathologie des dermatophytoses aiguës. Il nous a permis de révéler que certaines subtilisines constituent des marqueurs fongiques d’infection robustes et communs pour différents dermatophytes, et qu’il peut exister des mécanismes de compensation entre protéases appartenant à la même famille.