Abstract :
[fr] Une prise de conscience écologique dans les années 80 a conduit les
Etats d’Afrique Centrale à adopter en 1989 un plan d'action régional
pour l'Afrique centrale (PARAC) visant la protection et l'utilisation
rationnelle des ressources forestières. C’est dans ce contexte que
l’Union européenne a engagé, dès 1992, son appui à la conservation
et la recherche dans la réserve de faune du Dja, un soutien qui s’est
poursuivi plus de 30 ans, en grande partie grâce au programme
ECOFAC (programme de conservation et d’utilisation durable des
Ecosystèmes Forestiers / Fragiles en Afrique Centrale) ainsi qu’à
d’autres initiatives. Pour poursuivre les appuis à la conservation de la
Réserve de Faune du Dja et consolider les acquis obtenus, l’Union
européenne a démarré en 2023 deux programmes : le programme
NaturaSud-Est Territoires Durables, qui met en œuvre les trois piliers
de l’approche paysage: conservation ; économie verte; et
gouvernance territoriale. Le deuxième programme, NaturAfrica, est
un
programme régional couvrant l’ensemble de l’Afrique
subsaharienne qui comporte un projet spécifique dans le Tridom au
Gabon et au Cameroun, pour renforcer la gestion de la faune dans
l’interzone autour du Dja. Ces deux programmes, ont démarré mi
2024 pour une durée de 4 ans et demi. Ainsi, l’appui de l’Union
européenne à la Réserve de Faune du Dja est encore assuré jusqu’à
fin 2028. Les projets soutenus par l'UE ont généré une centaine de
rapports, mémoires académiques et articles scientifiques, constituant
une base de données riche sur les pratiques locales de gestion des
forêts, les défis modernes tels que l'économie de marché,
l'aménagement du territoire, les politiques de conservation et
l'exploitation forestière. Les appuis de l’UE ont égalment soutenu la
mise en œuvre de la foresterie communautaire, et ont permis de tester
en grandeur nature la gestion des ressources forestières par les
communautés locales elles-mêmes. Ces initiatives ont créé de
nombreux emplois locaux et généré des revenus utilisés pour des
projets de développement local dans des régions où les habitants se
sentent oubliés. Aussi, l’amélioration de la surveillance et la
protection des espèces, grâce aux infrastructures, aux équipements,
aux renforcements de capacités et à de meilleures conditions de
travail des écogardes a permis de stabiliser ces 10 dernières années
les populations de grands mammifères après une forte décroissance
préalable, malgré une pression de braconnage persistante. Cependant,
de nombreux défis demeurent. La dégradation des habitats et des
écosystèmes n'a pas pu être complètement stoppée. L'expansion
agricole, l'exploitation forestière et minière et la construction
d'infrastructures ont causé des pertes significatives de surfaces
forestières, affectant négativement la biodiversité. Le manque de
ressources financières et matérielles, a parfois compromis la gestion
efficace de la réserve, mettant en péril les efforts de conservation et
la durabilité des initiatives mises en place. Bien que les fonds
importants de l'Union Européenne aient permis l'implication d'autres
bailleurs dans la Réserve de Faune du Dja, ils n'ont pas suffi à couvrir
tous les besoins, tant les défis sont considérables. La nouvelle
initiative NaturAfrica de l'Union Européenne et le programme
NaturaSud-Est Territoires Durable s'engagent à renforcer la
conservation de la Réserve de Faune du Dja en adoptant une approche
paysagère
intégrée
combinant biodiversité, développement
économique et social, et gouvernance territoriale inclusive. En
mettant l'accent sur le renforcement des capacités des communautés
locales et des peuples autochtones, le programme promeut des
moyens de subsistance durables et des pratiques écologiques. Une
importance particulière est portée sur les droits de l’homme,
notamment à travers la mise en place d’un mécanisme de gestion de
plaintes robuste.
[en] An ecological awareness in the 1980s led the Central African States
to adopt in 1989 a regional action plan for Central Africa (PARAC)
aimed at the protection and rational use of forest resources. It is in
this context that the European Union began in 1992 its support for
conservation and research in the Dja Wildlife Reserve, which
continued for more than 30 years, mainly through the ECOFAC
program (programme de conservation et d’utilisation durable des
Ecosystèmes Forestiers / Fragiles en Afrique Centrale) as well as
through various other initiatives. To continue supporting the
conservation of the Dja Wildlife Reserve and consolidate the gains
achieved, the European Union launched in 2023 two programs: the
NaturaSud-Est Territoires Durables program, which implements the
three pillars of the landscape approach: conservation; green
economy; and territorial governance. The second program,
NaturAfrica, is a regional program covering the whole of Africa that
includes a specific project in the Tridom in Gabon and Cameroon, to
strengthen wildlife management in the interzone around the Dja.
These two programs started in mid-2024 for a duration of 4 and a half
years. Thus, the European Union's support for the Dja Wildlife
Reserve is still assured until the end of 2028. The projects supported
by the EU have generated hundreds of reports, academic theses, and
scientific articles, forming a rich database on local forest
management practices, modern challenges such as the market
economy, land use planning, conservation policies, and forestry
exploitation. The EU's support has also facilitated the implementation
of community forestry and allowed for real-world testing of forest
resource management by local communities themselves. These
initiatives have created numerous local jobs and generated income
used for local development projects in regions where residents feel
forgotten. Additionally, the improvement of species monitoring and
protection, through the development of infrastructure, acquisition of
equipment, multiple capacity-building efforts, and improvement of
the working conditions of rangers, has stabilized large mammal
populations over the past 10 years after a significant previous decline,
despite persistent poaching pressure. However, many challenges
remain. Habitat and ecosystem degradation has not been completely
halted. Agricultural expansion, logging, mining, and infrastructure
construction have caused significant losses of forest areas, negatively
affecting biodiversity. The lack of financial and material resources
has compromised the effective management of the reserve,
endangering conservation efforts and the sustainability of the
initiatives in place. Although the significant funds from the European
Union have enabled the involvement of other donors in the Dja
Wildlife Reserve, they have not been sufficient to meet all needs, as
the challenges are considerable. The new NaturAfrica initiative of the
European Union and the NaturaSud-Est Territoires Durable program
are committed to strengthening the conservation of the Dja Wildlife
Reserve by adopting an integrated landscape approach combining
biodiversity, economic and social development, and inclusive
territorial governance. By focusing on strengthening the capacities of
local communities and indigenous peoples, the program promotes
sustainable livelihoods and ecological practices. Particular
importance is placed on human rights, notably through the
establishment of a robust grievance management mechanism.