Abstract :
[fr] Dans un contexte de polycrises – marqué par l’imbrication de crises écologiques, économiques, sociales et sanitaires, les jeunes adultes (18-25 ans) apparaissent comme une population particulièrement vulnérable sur le plan de la santé mentale. Cette période de vie, déjà reconnue comme une phase de transition développementale majeure, se complexifie face à l’incertitude croissante et aux défis sociétaux contemporains. Sachant que 75% des troubles mentaux apparaissent avant l’âge de 24 ans (Kessler et al., 2007), appréhender finement les difficultés auxquelles font face les jeunes adultes semble essentiel afin notamment d’identifier les facteurs de risque et de protection qui influencent leur santé mentale. C’est pourquoi notre étude évalue des dimensions émotionnelles, cognitives et comportementales (e.g., régulation émotionnelle, inquiétudes, intolérance à l’incertitude, satisfaction environnementale) pouvant jouer le rôle de facteurs de risque et/ou de protection en santé mentale. Pour ce faire, des jeunes adultes (18-25 ans) sont comparés à des adultes de plus de 25 ans afin d’identifier d’éventuels besoins spécifiques à l’une ou l’autre population ce qui pourrait, in fine, donner des pistes de réflexion quant à l’ajustement des interventions cliniques.
Concrètement, 373 adultes francophones (272 adultes et 101 jeunes adultes) ont participé deux batteries de questionnaires. En accord avec la littérature existante (e.g., Wagener et al. (2022)), les résultats ont révélé des différences significatives entre les adultes et les jeunes adultes sur diverses dimensions (e.g., régulation émotionnelle, émotions, pensées négatives répétitives).
Ces résultats soutiennent que les jeunes adultes font face à des enjeux de santé mentale qui leur sont spécifiques. Ils supportent aussi la réflexion clinique selon laquelle les prises en charge doivent être adaptées à la catégorie d’âge. Ainsi, la mise en évidence de profils différents entre les jeunes adultes et les moins jeunes devrait permettre la mise en place d’outils de prévention innovants et spécifiques à ces populations. Autrement dit, ceci soutient l’individualisation des prises en charge, en accord avec une démarche Evidence-Based Practice.