Abstract :
[fr] En juillet 1794, François-Antoine de Méan, dernier prince-évêque de Liège, fuit sa principauté devant l’avancée des troupes françaises. Il entame une longue période d’incertitude, voyageant entre les différentes principautés allemandes en quête de soutiens. Malgré le rattachement de la principauté de Liège à la France (9 vendémiaire an IV - 1er octobre 1795) et le recul des troupes autrichiennes face aux armées révolutionnaires, François-Antoine de Méan refuse de reconnaître sa déchéance. Il maintient, entre 1794 et 1801, une correspondance active avec ses anciens alliés. Mais les négociations engagées entre le Saint-Empire et la République, notamment les traités de Campoformio (1797) et de Lunéville (1801), scellent son sort. La principauté de Liège est cédée. La présente contribution examine, par le biais de sa correspondance, les contestations, particulièrement juridiques, que le prince-évêque en exil oppose à la France et à l’Autriche, arguant de l’illégalité de la réunion de Liège à la France et s’appuyant sur son investiture impériale. Car, à l’inverse d’autres prélats belges, François-Antoine de Méan résiste, encore après la fulmination par Pie VII de la bulle Qui Christi Domini vices (1801), à son éviction, continuant d’affirmer qu’il détient une autorité sur l’ancienne principauté épiscopale de Liège. Aussi, cette étude souligne l’ambiguïté du statut des territoires annexés par la France sur la rive gauche du Rhin.