[fr] Tout être humain naît et est élevé au sein d’une communauté linguistique. Il parle une langue distincte qui cristallise des habitudes, catégorise l’expérience humaine, conditionne sa pensée et les processus sociaux. Le langage est un acteur sociétal fondamental : l’empreinte qu’il exerce est énorme ; il modèle la société et constitue un instrument d’action essentiel et quotidien. Chaque société est en quelque sorte portée par sa ou ses langues. Cependant l’extension d’une langue est fonction du développement de la société qui l’utilise. Au sein de la pluralité des langues, certaines sont portées par des sociétés dominantes qui parfois envisagent de s’imposer au monde et de lui imposer leur langue. Ce fut le cas jadis de l’Empire romain et de sa langue : le latin. C’est actuellement le cas de l’anglais qui véhicule le pouvoir des états anglo-saxons qui, du Commonwealth aux U.S.A., exportent leur mode de vivre et leur néo-libéralisme. Au sein des organisations internationales, le monolinguisme est un élément important d’une volonté de pouvoir hégémonique. Il vise à se constituer en pensée unique, obsédée par l’argent et le consumérisme. Cependant les conflits d’emprise sociétale restent importants, avec notamment l’espagnol, l’arabe, le chinois, le français. L’idéal de la démocratie interétatique reste le plurilinguisme. L’apprentissage de plusieurs langues constitue un élément de pouvoir personnel pour celui qui s’y attache : il évite toute colonisation par le biais d’une langue et d’une pensée uniques.
Disciplines :
Neurosciences & behavior
Author, co-author :
De Visscher, Pierre ; Université de Liège - ULiège > > Centre de dynamique des groupes et d'analyse institutionnelle (CDGAI)
Language :
French
Title :
L’emprise sociétale du langage, instrument du pouvoir